






Introduction : le développement du commerce international
I Les causes de l’internationalisation des économies
1.1 Les gains à la spécialisation
1.1.1 A. Smith et la théorie de l’avantage absolu
1.1.2 D. Ricardo et la théorie de l’avantage comparatif
1.1.3 Les pays se spécialisent en fonction de leurs dotations factorielles et technologiques
1.1.4 Les pays hégémoniques gagnent à l’échange
1.2 Les nouvelles théories du commerce international
1.2.1 Les rendements croissants
1.2.2 Les échanges entre pays industrialisés se réalisent par différenciation des produits, qualité des produits et selon la fragmentation de la chaîne de valeurs
1.2.3 Les firmes multinationales des acteurs incontournables de la mondialisation libérale
II Les politiques commerciales des États ont favorisé la mondialisation libérale
2.1 Le développement du commerce international
2.1.1 Le protectionnisme a été la règle depuis l’apogée de la mondialisation libérale
2.1.2 Les États ont organisé le libre échange
Erratum : Je me suis trompé au sujet de la convertibilité euro / dollar. Un euro plus faible consisterait à dévaluer la valeur de l’euro par rapport au dollar. Au niveau initial : 1€ = 1$ . Après la dévaluation : 1€ = 0,80 c $ et non comme je l’ai dit ,1,20$


2.2 Quelles politiques commerciales favorisent la croissance ?
2.2.1 Libre échange et croissance mondiale
Une croissance tirée par les exportations
Le libre échange permet d’exporter. Ces exportations amènent les entreprises accéder à un vaste marché dans le monde et ainsi augmente la production des entreprises nationales. Le PIB s’accroîtra directement grâce à cette hausse de la production mais aussi via les économies d’échelles réalisées. En effet, quand le prix unitaire baisse, la consommation est d’autant stimulée même à l’intérieur du pays.
Une croissance via l’échange technologique
La Chine et l’Inde ont bénéficié de transferts de technologies grâce à l’implantation d’investissements directs à l’étranger IDE provenant des pays riches. Par exemple la Chine négociait avec la France pour que Renault s’implante sur son marché en échange de connaissances (brevets, retour sur expériences, technologies) et de formations octroyées à ses ingénieurs. En Inde comme en Chine, une élite d’ingénieurs, de cadres et d’ouvriers qualifiés s’est constituée élevant ainsi le capital humain du pays.
Attention, tous les pays n’ont pas le poids politique et économique de l’Inde et de la Chine. Ces pays sont l’exception, bien souvent le rapport de force est en faveur des pays riches qui refusent de faire des transferts technologiques aux pays tiers afin d’empêcher celui-ci de pouvoir se passer un jour du pays riche et ces compétences.
Une croissance qui a baissé les inégalités
La croissance dans ces pays a été rapide et globalement bénéfique. Ces hausses du PIB ont baissé considérablement la pauvreté dans ces pays (Inde et Chine). Par exemple, le taux de chinois vivant avec moins d’un dollar par jour a été divisé par 6 en 30 ans. Cependant, la richesse s’est répartie de façon inégalitaire sur le territoire en laissant de côté les paysans des régions « périphériques ». Le poids démographique de ces deux pays est si important qu’on peut affirmer que les inégalités mondiales ont baissé avec la mondialisation. En même temps, le nombre de gens qui ont faim dans le monde progresse…
Le libre échange a des conséquences sur le tissu productif existant dans le pays. Les facteurs capital et travail doivent être mobiles pour basculer vers le secteur de spécialisation. Cela suppose de former les travailleurs à ce nouveau secteur. Ils doivent alors abandonner leurs anciennes compétences, ce qui constitue une perte de savoir faire. Au niveau des capitaux, le tissu productif n’a pas toujours eu le temps d’être rentabiliser, qu’on doit le laisser tomber pour investir dans des capitaux appropriés au nouveau secteur. Cette perte ne peut pas toujours être compensée à très court terme. La spécialisation dans un secteur suppose aussi une nouvelle organisation territoriale plus près des ports et des aéroports pour l’exportation. Les terres éloignées se retrouvent alors en friche.
Le libre échange est le passage d’un ou des secteurs à un autre. C’est un processus de destruction des anciens capitaux (physiques et humains) vers une création de nouveaux capitaux. Encore faut-il avoir les moyens de ce choc de tissu productif.
Le libre échange adoptée en France a conduis à abandonner les activités textiles au cours du XXe siècle. Par conséquence, les fileuses ont été licenciées et les usines rurales au bord des cours d’eau se sont retrouvées en dépôt de bilan. Ce choc de spécialisation a laissé des territoires entiers sans activité économique.
En Angleterre, la désindustrialisation a crée un vaste plan de licenciement de milliers d’ouvriers, de mineurs dans les années 1980 au profit des entreprises financières. La city de Londres a profité de cette spécialisation mais les villes et les régions de Manchester et de Liverpool ont été sinistrées économiquement pendant des décennies.
La spécialisation est un choix stratégique. Les pays colonisateurs : France, Belgique, Angleterre ont opté pour une spécialisation dans l’industrie au XIX et dans la majorité du XXe siècle. Ces pays-empires ont imposé à leurs colonies des spécialisations dans des secteurs où les termes de l’échange sont inégaux. Quand les rendements sont croissants dans les produits manufacturés, les rendements sont décroissants dans les produits agricoles. Ainsi, les termes de l’échange se dégradent notamment pour les pays africains. En témoigne, le ratio indice des prix des exportations sur les prix des importations a chuté de près de 3 en 40 ans. Pendant, les 30 glorieuses les termes de l’échange étaient plus égalitaires entre l’Europe et l’Afrique et depuis 1980 la baisse relative des cours agricoles continue appauvrit ce continent.
L’un des défauts majeur du libre échange est l’instabilité économique que fait courir la circulation rapide des capitaux. L’exemple de la crise asiatique des 4 dragons (la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan) en 1997 est éloquente. Au début des années 1990, les investisseurs étrangers affluent en masse pour investir dans ces pays (grâce à la mondialisation financière les capitaux circulent librement). L’économie des 4 dragons s’emballe, on finance même des projets économiques peu rentables. Puis en 1997, les investisseurs retirent massivement leurs capitaux faisant chuter leurs économies : faillites, licenciements au-delà du raisonnable. En effet même les bonnes entreprises rentables sont touchées par la crise. En fin de compte, la libéralisation économique crée des effets d’emballement dans un sens ou dans un autre.
+ voir arguments du débat reprenant les analyses de documents
2.2.2 Protectionnisme, croissance, et environnement
Historiquement, les pays les plus protectionnistes ont bénéficié de la plus grande expansion commerciale. Depuis le XIXe l’Allemagne et les Etats Unis, jusqu’à la fin du XXe avec la Chine et la Corée du Sud. Tous ont ou pratiquent encore un protectionnisme et une ouverture sélective. Ces pays ont permis de mettre les industries naissantes ou en difficultés sous protection pour ensuite les exposer à la concurrence internationale. Ces grandes puissantes ont eu des taux de croissance remarquables pemettant d’être aujourd’hui les plus grandes puissances mondiales. On peut conclure alors que le protectionnisme n’est donc pas un obstacle au développement du commerce international. C’est un paradoxe apparent. Cela signifie qu’une politique protectionniste permet de préserver une dynamique de croissance interne au pays. L’historien Bairoch montre que le protectionnisme s’est concilié au 19e avec une croissance interne forte, car les quantités produites pour la consommation intérieure sont alors plus grandes. Comme les entreprises intérieures grandissent, elles continuent d’échanger avec l’extérieur et le droit de douane n’est pas dissuasif pour elle.
Le protectionnisme n’est pas l’autarcie ! Les périodes protectionnistes sont les périodes au XIXe où le commerce international se développe le plus ! Au XXe , la période faste des 30 glorieuses est un moment historique protectionniste.
A l’inverse, quand on a commencé à ouvrir toutes les barrières douanières, la croissance s’est écroulée pour la France par exemple : les 30 piteuses.
+ voir arguments du débat reprenant les analyses de documents
2.2.3 Libéralisation, instabilité et impérialisme
+ voir arguments du débat reprenant les analyses de documents (on reprendra si nécessaire)
Conclusion
Notions essentielles : avantage comparatif, dotation factorielle, libre échange, protectionnisme, commerce intra-firme, spécialisation, compétitivité prix, compétitivité hors prix, firmes multinationales, mondialisation, chaîne internationale de valeur
Bibliographie
Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, La découverte, 1994
Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, Flammarion, 1988
Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, terre humaine, 1981
Adam. Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776
Petras, Valtemeyer, La face cachée de la mondialisation, l’impérialisme au 21e siècle 2001
Naomie Klein,Tout peut changer : capitalisme et changement climatique, 2015
Documentaire de Gilles Perret – facultatif-
1) Qui sont les fournisseurs et les clients de Bontaz ?
2) Quelle est la DIPP de la firme familiale Bontaz ?
3) Comment Bontaz s’internationalise (transferts ou pas de capitaux ?)
4) Montrez que la DIPP choisie répond aux multiples logiques de compétitivité.
5) Quelles raisons invoque le PDG de Bontaz aux multiples délocalisations de son entreprise ?
6) A-t-il fait le bon choix économique ? (Comparez à ses copains lors du dîner dans le chalet)
7) Quels sont les coûts du travail (et/ou salaires) des travailleurs de l’entreprise Bontaz à travers le monde ?
8) Expliquez les différences de productivités observées des travailleurs Bontaz à travers le monde.
9) Quels sont les avantages évoqués par les propriétaires de la petite entreprise familiale de décolletage à la fin du documentaire ?
10) Pourquoi les concurrents haut-savoyards de Bontaz ont vendu leur entreprise ? A qui ? Quelles conséquences pour l’entreprise et les salariés ?
11) Quel rôle semble vouloir jouer les pouvoirs publics (le Maire, le Ministre, le Président) pour sauvegarder l’emploi de la vallée de l’Arve ? Montrez que ce positionnement traduit une mise en concurrence des territoires et une tentative de résistance des Etats face au pouvoir des FTN.
12) Quel est l’avantage comparatif de la vallée de l’Arve ? En quoi les nouveaux propriétaires des entreprises de décolletage menacent cet avantage à moyen terme ? Pourquoi poussent-ils à la délocalisation en Chine ?
Introduction : La monnaie est au cœur du lien économique mais aussi du lien social et politique
A/La monnaie, un élément de la cohésion dans les sociétés
B/ La monnaie, un lien social et économique
I Qu’est-ce que la monnaie ?
A/ Les formes de la monnaie
B/ Les trois fonctions de la monnaie
II Qui crée la monnaie ?
A/ Les banques créent de la monnaie
1) Le mécanisme de la création monétaire
2) Le rôle de la banque centrale
B/ Les contraintes de la création monétaire
1/ La création monétaire peut engendrer de l’inflation
2/ La banque centrale impose aux banques des réserves obligatoires
3/ Le refinancement des banques commerciales auprès de la banque centrale
4/ La banque centrale reste le prêteur en dernier ressort
III Zoom sur l’euro, un exemple de politique monétaire
A/ La mise en place de l’euro
B/ Les débats autour de la politique monétaire
Conclusion
Définitions : monnaie, banque centrale, masse monétaire, marché monétaire, prêteur de dernier ressort, politique monétaire
Bibliographie
Dominique Plihon, la monnaie et ses mécanismes, repères, 2013
Pierre Berger, la monnaie et ses mécanismes, que sais-je ? PUF, 1995
Bernard Gazier, John Maynard Keynes, que sais-je ? 2009
Documentaire de W. Karel : 1929, la crise
Questions
1/ Qui sont les offreurs et les demandeurs sur les marchés financiers ?
2/ Pourquoi les Etats Uniens achètent des actions ?
3/ Pourquoi la crise survient-elle ?
4/ Quelles conséquences sur l’emploi ?
5/ Quelles sont les multiples conséquences sur les marchés de biens et services ?
6/ Quelles sont les conséquences sociales et politiques ?
Introduction : La politique, une affaire de famille ?
I Les cultures politiques – fait en classe par les programmes et les valeurs + voir cours sur les partis politiques
A Typologie des cultures politiques
B A gauche, des cultures politiques en mutations
1/ Les fondements du socialisme
2/ La culture communiste
3/ La culture anarchiste
C La culture dans les partis de droite
1/ La droite et le centre
2/ L’extrême droite
II Qui vote pour quoi ? Analyse sociologique du vote à la présidentielle de 2012
A Les variables lourdes du vote
Qu’est-ce qu’une variable lourde du vote ?
C’est un déterminant social qui agit à toutes les élections.
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Exemples |
Actualité des variables |
Croisement |
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Variables lourdes |
Classes sociales Religion Capital culturel |
Les deux premières variables ont moins de poids au détriment du capital culturel |
Classes sociales et lieu d’habitation Exm : Classes Populaires – campagne → Rassemblement National |
Les classes sociales
– richesse ———————————————————————————————–> + richesse
Classes populaires : ouvriers, employés ————————————> Banque, patrons, cadres
Gauche ——————————————————————————————————-> Droite
Exemple de tendance générale : le PCF a longtemps recueillis 2/3 des voix ouvrières
Les professions libérales votent très majoritairement UMP, les artisans, les commerçants, chefs d’entreprises sont 42% à l’élection présidentielle de 2012. Ils sont aussi nombreux à choisir le FN. Par contre à gauche, les salariés de la fonction publique, les employés, ouvriers sont plus nombreux. Les moins aisés votent à gauche, tandis que les revenus supérieurs à 3000€ par mois votent à droite.
Toutefois, il y a toujours des exceptions : 1/3 ouvrier vote à droite. De même, que des patrons dans l’artisanat sont plus à gauche.
La classe ouvrière
Document 1 Entretien sociologique de Klatzmann, 1957

Le groupe ouvrier fonde son vote sur les l’antagonisme de classes. Il vote en fonction de sa place dans le processus de production, car la lutte de pouvoir/ des classes (MARX) est quotidienne entre les ouvriers et le patronat.
Document : Nonna Mayer, sociologie des comportements politiques, 2012

La classe ouvrière vote plus à gauche quand son sentiment d’intégration est fort, ce qui explique aujourd’hui un éclatement de cette classe.
Les jeunes précarisés (livreurs) qui appartiennent objectivement à cette classe mais ils ne s’identifient pas à elle faute de syndicats. Ils n’ont pas conscience de leurs intérêts à s’organiser pour sortir de la précarité. L’abstention est alors forte. A l’opposé les ouvriers plus âgés ont une identification de classe car les luttes sociales au travail ont forgé leurs convictions. Ainsi ils votent majoritairement pour le PCF hier et les partis d’opposition au libéralisme aujourd’hui.
Les classes moyennes
Q1 Quelles sont les professions représentants les classes moyennes ?
Q2 Qui vote à gauche, pourquoi ?
Q3 Qui vote à droite, pourquoi ?
Q4 Pourquoi les classes moyennes représentent un enjeu important dans les élections ?
Q5 Une partie de la classe moyenne ne peut-elle pas faire partie des classes populaires ?

Réponses : Q1 Quelles sont les professions représentants les classes moyennes ?
Employés, prof médicales
Q2/ Qui vote à gauche, pourquoi ?
Les ouvriers, employés font partie des classes populaires.
Les salariés du secteur public avec un fort capital culturel votent plus à gauche. En effet, ils doivent leur formation et leur salaire à l’Etat. De plus, ils cultivent une éthique du service public.
Q3/ Qui vote à droite, pourquoi ?
Les salariés du secteur privé votent majoritairement à droite. La logique managériale des entreprises a été intériorisée, les salariés s’identifient à ce monde pour trouver du sens à leur travail.
Q4/ Pourquoi les classes moyennes représentent un enjeu important dans les élections ?
L’électorat des classes moyennes est nombreux et participe beaucoup plus au vote, alors que les classes populaires s’abstiennent plus massivement.
Q5/ Une partie de la classe moyenne ne peut-elle pas faire partie des classes populaires ?
Oui, les employés précarisés sont objectivement plus proche du niveau de vie des classes populaires. Il existe souvent une différence entre les représentations qu’ont les gens d’eux mêmes (j’appartiens à la classe moyenne) et la réalité en terme de salaire, de niveau de pouvoir (objectivement classe populaire)
La classe bourgeoise
Document 4 Extrait de sociologie de la bourgeoisie, M. Pinçon Charlot, M. Pinçon


Q1 Quels sont les intérêts de classe de la bourgeoisie ?
La bourgeoisie défend les lois préservant leurs patrimoines de l’impôt. Ils défendent aussi leurs territoires en refusant la mixité sociale. Ils protègent le droit à la propriété contre la réquisition des logements vides (par exemple pour loger les personnes sans abris).
Exemple : soutien de la bourgeoisie à Macron pour supprimer l’impôt sur la fortune. Cette suppression a rapporté quelques centaines de milliers d’euros à certains contribuables. Donc ils ont des intérêts objectifs dans la bourgeoisie. Elle défend aussi la religion et les mœurs conservatrices, une économie capitaliste, un Etat social limité afin de supprimer les impôts progressifs.
Q2 Pourquoi la bourgeoisie connaît ses intérêts ?
La socialisation bourgeoise des parents sur les enfants transmet les valeurs de la classe.
Q3 Pourquoi les classes dominées le sont aussi dans leurs représentations ?
Les valeurs et les goûts sont socialement situés, il y a soit disant le « mauvais goût » dans les classes populaires, (mal se tenir à table, mal parler, culture bofs, « cassos »…)
Puis, l’idéologie dominante contribue à les disqualifier à travers les émissions TV tel que la téléréalité….
Mesurer l’importance du vote de classe
Définition de l’indice d’Alford : Calcul mesurant la proportion de vote de gauche chez les ouvriers comparativement aux votes de gauche dans les autres PCS (profession et catégorie socioprofessionnelle). Plus l’écart est faible, plus l’indice est proche de 0.
Intérêt : Mesure l’intensité du vote de classe comme déterminant du vote.
Exercice 2 page 166 :
1/ L’écart entre le vote à G ouvrier et artisans passe de 39 pts d’écart à 21,7. (/2)
2/ Le vote de gauche devient plus un vote de classe moyenne supérieur, le vote de Gauche n’est plus hégémonique parmi les ouvriers. La classe est de moins en moins explicatif du vote.
3/ L’indice d’Alford se rapproche de 0 car les ouvriers ne votent pas plus à gauche que les autres PCS (PI, employés, cadre votent plus à gauche)
Qu’est-ce qu’une variable légère ?
Déterminant social qui n’agit pas de façon systématique, l’enjeu du scrutin peut avoir plus d’influence que cette variable
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Exemples |
Actualité des variables |
Croisement |
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Variables légères |
Age Genre Ville / campagne Ouest/Est génération |
La variable de l’Age est plus importante que celle du Genre |
Fort capital culturel – jeune – ville → vote prédominant France Insoumise Agé – Aisé → Les Républicains Catho-campagne Exm la Manche → Les Républicains |
Le genre
Historiquement, les femmes ont d’abord voté plus à droite (proche des valeurs catholiques), puis il y a eu un basculement. Depuis les 30 dernières années électorales, les résultats prouvent qu’elles votent plus à gauche.
Toutefois, les résultats du 2e tour montrent que cette tendance peut être contredite lors d’une élection particulière selon l’enjeu ou la personnalité d’un candidat.
L’âge
Le cycle de vie fait évoluer les préoccupations car les contraintes en fonction de notre statut évoluent.En effet, un jeune étudiant vit largement grâce à ce que Bourdieu appelé une économie d’ »assisté » : CROUS, RU, BU, Bourse, quasi gratuité de la sécurité sociale et de l’université. D’où des valeurs de défense du service public. Puis, au fil de la vie les individus deviennent propriétaires. Ainsi, les valeurs de défense de la propriété privée et les lois sur l’héritage privilégient les grands propriétaires auxquels les petits propriétaires s’identifient. En fin de vie, une très grande majorité des électeurs choisissent les républicains.
La génération
Il existe des effets générations liés aux guerres, aux événements de grandes grèves. Exm la génération de 68 arrive au pouvoir avec Mitterand en 1981. La génération de la crise économique déserte aujourd’hui les urnes et les partis libéraux traditionnels (LR/ PS)
Les lieux de résidence
L’Ouest de la France a historiquement était socialiste : les landes, le poitou, la rochelle
Le Nord, l’Est et la seine maritime ont été ouvrier donc vote plus nombreux pour le PCF (aujourd’hui encore 3 députés PCF dans notre département)
Les zones de campagne sont plus à droite : paysannerie dans l’Eure, centre de la France , massif central, et PACA
Croisement des variables
Christophe Guilluy dans son livre La France périphérique croise les variables
Document 5 La France périphérique de Christophe Guilluy
« Si les résultats des européennes de 2014 viennent confirmer la structuration de la nouvelle géographie sociale entre la France périphérique en rupture avec les partis traditionnels et les métropoles acquises à ces mêmes partis, elles confirment aussi ces clivages sociaux, culturels et générationnels. Le vote pour l’UMP (LR) et pour le PS est de plus en plus celui des protégés (retraités fonctionnaires) ou bénéficiaires (catégories supérieures) de la mondialisation tandis que celui des catégories qui sont depuis des décennies au front de la mondialisation (ouvriers, employés, chômeurs). Par catégorie socioprofessionnelles, la rupture est encore plus frappante. Le FN capte une majorité du vote populaire. (47 % des ouvriers, 42 % des employés). Inversement, le vote des cadres se porte principalement vers l’UMP (22 %) et vers le PS (15%) et plus marginalement vers le FN ( 12%) »
Question : Pourquoi la mondialisation change la donne électorale ?
Les gagnants de la mondialisation (cadres, banquiers, assureurs, haut cadres fonction publique) votent pour les partis traditionnels.
A l’inverse, les précaires menacés d’être délocalisés votent contrela mondialisation et les partis traditionnels PS, LR, LAREM
Question : A l’aide de la carte, quel croisement de variables réalise Guilluy pour expliquer la montée du FN ?

Guilluy croise les variables économiques (vote populaire) et le territoire périurbain/villes moyennes où les classes populaires résident. Nous voyons effectivement que le vote FN est fort dans ces lieux.
C Le vote sur enjeu
Alain Lancelot et Philippe Habert analyse lors des élections de 1988 (législatives) que le vote de classe s’affaiblit au point d’être remplacé par le vote sur enjeu. Les analyses électorales récentes privilégient les facteurs de court terme pour expliquer le vote. Ainsi, on élève à la hausse la capacité des citoyens à faire des choix rationnels. Ainsi, les analyses reposent sur un électeur rationnel, se déterminant sur des enjeux individuels, des contextes électoraux et la nature de l’élection.
La montée dans les années 70 des partis autonomistes, écologistes, extrême droite s’est appuyée sur la faiblesse de l’identification partisane. Pour mesurer les changements d’attitudes électorales (différents votes ou abstention) entre deux échéances électorales consécutives, on utilise l’indice ci dessous.
Mogens Pedersen :
Définition de l’indice de volatilité électorale : Calcul de gains ou pertes réalisés par chaque parti entre deux élections.
Les gains et pertes sont ajoutés et divisés par deux. Cet indice distingue les électeurs stables et ceux mobiles. Des trajets de mobilité sont ainsi établis. La volatilité peut être externe (de gauche à droite) ou interne (à un camp)
Exercice 1 p 105
Q1/ 73 % des électeurs ayant un diplôme inf au bac et ayant voté pour un parti de droite à la présidentielle ont voté pour un autre parti de droite aux législatives.
Or seulement, 23 % de ceux qui ont plus que le bac ont fait ce choix.
66 % de votants à gauche à la présidentielle et déclarant s’en sortir difficilement avec leur niveau de revenu ont voté à droite aux législatives de 2007, contre seulement 34 % de ceux qui disent s’en sortir facilement.
2/ Les électeurs les plus fidèles sont les salariés à revenus stables, confortables et ayant un niveau d’études sup au bac. On retrouve aussi plus d’hommes et de jeunes.
Les femmes les plus précaires ayant moins de diplômes sont les plus mobiles.
3/ Les électeurs sont volatiles entre ces deux élections, ils ne lient pas nécessairement ces deux élections d’une à l’autre. Le vote sur enjeu est fort car l’élection législative apparaît comme beaucoup moins importante que celle présidentielle.
Le vote de classe et la variable religieuse reculent du fait de la baisse des pratiques. Ces évolutions sont communes à tous les pays post industriels. La mobilité devient la règle, elle résulte d’un choix rationnel. Les électeurs connaissent les enjeux et les propositions des candidats qu’ils jugent et votent en fonction des réponses apportées.
Le vote sur enjeu n’est pas incompatible avec un système d’attitude stable.
Les électeurs ont des préférences cohérentes et relativement stables, ils ne se prononcent pas au coup par coup. Ces préférences sont fonction de leur milieu social et familial, elles se structurent entre libéralisme économique d’une part et autoritarisme d’autre part.
D Étude de la participation électorale
Point définition
Définition du taux d’abstention : Part des électeurs qui ne se déplacent pas pour voter par rapport aux nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales x100
Précisions :
Les personnes n’étant pas inscrites sur les listes électorales ne sont donc pas comptées dans les abstentions ni dans la participation. Les votes blancs et nuls ne sont pas non plus comptabilisés dans les chiffres de l’abstention mais comme de la participation.
Définition du taux de participation électorale : Nombre de votants / nombre d’inscrits sur les listes électorales x100
Il reflète le degré d’implication des citoyens dans le système politique, excepté là où c’est obligatoire : Bel, Lux, Grèce
Définition de taux de mobilisation électorale : Pourcentage des votants parmi une population de référence x100. Par exemple : dans les habituels abstentionnistes, combien se mobiliseront ?
Exercice 3 page 103 – Elections de 1995
Taux de participation électorale : votants / inscrits x100 = 33,6millions / 38,4 millions x100 = 87,5 %
Taux d’abstention : abstentionnistes / inscrits x100 = 4,8 / 38,4 x 100 = 12,5 %
A retenir : nombre personnes ne votent pas : étrangers adultes:2,5M+500 000 tutelle condamnés+3 600 000 non inscrits + 4,8M abstentionnistes = 11,4M en 1995 sur 33,6 M de votants. Dc 1 quart des résidents en F sont écartés du vote !
E Etude de l’élection présidentielle de 2017





Concernant les variables lourdes :
Le vote de 2017 est un vote de classe.
Plus notre position sociale s’élève plus on vote Macron. 1/3 des cadres ont voté Macron. Idem pour les salaires. A l’inverse, plus notre salaire faiblit plus les gens votent Le Pen ou Mélenchon. Les deux principaux candidats plébiscités par les ouvriers sont Le Pen 37% et Mélenchon 24% loin devant Macron.
La religion a eu une influence
Fillon a été choisi par un pratiquant régulier sur deux.
2017 un vote clivé culturellement
Plus le niveau d’études s’élève, plus le vote Macron est fort et inversement pour Le Pen
Les variables légères ont eu peu d’incidence sur le vote
Macron est plutôt un vote urbain à l’inverse de Le Pen qui est un vote plus rural.
III Comment se transmet la culture politique ?
Quels sont les déterminants des comportements politiques ?
Définition de comportements politiques
Ensemble des pratiques sociales liées à la vie politique
Les comportements politiques relèvent de processus d’interactions entre les individus et les instances de socialisation : famille, école, médias, profession, réseaux amicaux.
Définition de la socialisation politique
Processus d’apprentissage par les individus des règles qui organisent le champ politique.
A Les instances de socialisation
1/ La famille, la principale instance de socialisation politique
Une étude d’Annick Percheron montre qu’en France la transmission des préférences idéologiques entre parents et enfants est de l’ordre de 50 % (contre 44 % aux EU).
La transmission signifie que l’enfant se situera dans la même orientation politique que ses parents. Par exemple : l’enfant se déclare proche des valeurs de gauche comme celles de ses parents. En effet, cette « reproduction » idéologique compte tenu que l’enfant a eu une socialisation par ses parents. La socialisation étant l’acquisition de normes et de valeurs, il est logique que l’enfant acquiert aussi les valeurs parentales. De nombreuses valeurs peuvent être affiliées plutôt à gauche ou à droite.
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Valeurs plutôt à gauche |
Valeurs plutôt à droite |
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Partage |
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Croire en Dieu |
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Autorité |
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Solidarité |
*** |
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Universalité |
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Tradition |
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L’influence de la famille dans la socialisation politique est première. Elle se réalise de deux manières.
→ Influence direct au cours de la socialisation primaire
→ Influence indirect
Les parents dès le plus jeune âge sélectionne les activités des enfants. Ils vont inscrire leurs enfants dans des associations sportives et culturels qui ont une influence sur leur socialisation politique.
Par exemple : une famille traditionnelle votant à droite, va inscrire ses enfants dans le mouvement scout. Cette association va diffusée et imprégnée les valeurs catholiques à ses enfants. Ainsi, la socialisation parentale est renforcée par celle de ce groupe associatif.
Quelques exemple d’associations selon leur obédience :
Clubs Léo Lagrange → mouvance socialiste
Secours populaire → mouvance communiste
Fédération sportive et gymnique du travail → mouvance communiste
La socialisation politique se diffuse d’autant mieux que les groupes autour de lui diffuse le même message. Les instances de socialisation politique ont un message homogène. La famille a un message cohérent avec l’association sportive et celle culturelle dont fait partie l’enfant. Les héritiers politiques sont 66 % selon Anne Muxel, dans l’expérience politique des jeunes, 2001.

Les identifications partisanes sont encore fortes en France. Les héritiers politiques montrent une transmission générationnelle des positions politiques. Seuls, 11 % des français déclarent avoir changé radicalement d’orientation par par rapport à ces deux parents classés de façon homogène. Brouillage de la filiation dans près d’1/5 des cas, dont le décrochage de toute forme d’héritage parental.
2/ L’école, une institution secondaire
Lire le document 9 page 46
L’école joue un rôle dans la socialisation politique par le contenu enseigné dans les programmes scolaires.
Les enseignements ont des effets complexes du fait de la diversité des filières et des programmes. Sur l’enseignement civique, ces bienfaits bénéficient aux classes populaires car ils perçoivent moins clairement les conflits sociaux du champ politique. Par exemple : tout le monde connaît l’assemblée nationale, mais la connaissance précise des groupes politiques et des alliances entre les groupes politiques sont bien moins connues des classes populaires.
Les classes aisées ont une vision plus réaliste des enjeux politiques.
L’école apprend la démocratie participative grâce aux élections de délégués, à la gestion d’associations ou de syndicats lycéens.Cet investissement lycéen favorise la participation politique plus tard.
Cependant, les lycéens restent très sceptiques sur l’utilité de ces instances lycéennes. Près de la moitié doutent de leur utilité réelle.
L’école est un lieu d’apprentissage des relations sociales (hiérarchies, codes, savoir être…). Toutefois, avec l’âge le sentiment de défiance grandit envers cette institution. L’école ne permet pas de réduire les inégalités sociales, ce qui affaiblis très largement son rôle d’instance de socialisation politique.
3/ La classe sociale
Les classes sociales agissent indirectement par la famille et les collègues de travail ou de notre entourage. En effet, les conditions matérielles d’existence créent une culture de classe. Cette culture de classe contient des valeurs qui sont classées selon l’axe gauche /droite (voir tableau ci-dessus). Cette culture est relayée par les partis politiques qui s’appuient sur cette culture.
Exemple : Les Républicains avec Sarkozy va s’appuyer sur la valeur : défense de la propriété privée, pour rallier la classe bourgeoise.
JL Mélenchon va appuyer ses discours sur le partage des richesses pour gagner les classes populaires à sa cause et les représenter. La dénonciation des paradis fiscaux fait partie de ce discours de classe.
F. Hollande a un discours qui tente de rallier plus les classes moyennes que les classes populaires.
Qu’est-ce que la socialisation de classe ?
Document 6 – Vidéo : baise mains et mocassins Questionnaire
1. Résumer – Quelles sont les principales étapes qui composent un rallye mondain ?
2. Expliquer – Observez la visite au musée Jacquemard-André, dans l’hôtel particulier d’Edouard André (homme politique 1803-1864), les attitudes, les prises de paroles, les tenues : qu’apprennent ces petites filles ?
3. Expliquer – Pourquoi le bridge est-elle une pratique importante selon le jeune garçon ?
4. Expliquer – Que traduisent les postures physiques (« hexis corporel ») de ce jeune garçon ?
5. Expliquer – Quel est l’avantage des rallyes selon Aurélie ?
6. Expliquer – Comment comprenez-vous la notion de « marché des filles » évoqué par A. de clermont-Tonnerre ?
11. Expliquer – Question de synthèse : A quoi servent les rallyes mondains ?
B L’idéologie dominante
Qu’est-ce que l’idéologie dominante ?
Boltanski, Bourdieu, la production de l’idéologie dominante
L’idéologie dominante est l’idéologie des dominants. Elle s’impose socialement comme une évidence légitime fondée jadis sur la propriété, hier sur la compétence, aujourd’hui sur le mérite.
Selon une logique circulaire implacable, elle contribue à reproduire l’ordre social en faisant des propriétés sociales des dominants le fondement légitime de la domination.
Cette domination idéologique passe aujourd’hui par l’idée qu’il n’existe pas de système autre que celui en place (capitalisme, productivisme, consumérisme, démocratie représentative de basse intensité). C’est Margaret Thatcher qui a gagné cette bataille culturelle au RU au début des années 1980. Son slogan « TINA » There is not alternative (il n’y a pas d’autre choix) résume bien positionnement. Thatcher a été précurseur dans les politiques de régressions sociales : baisse des salaires, casse des syndicats, baisse des retraites et recul de l’âge légal de départ à la retraite, privatisation des services publics….
L’idéologie dominante a besoin de convaincre que le seul avenir possible est l’ultralibéralisme économique et le conservatisme social. Si les gens pensent que seul ce système est viable alors la culture du consentement est une réussite. La bataille culturelle est alors gagnée. Les élections sont souvent des batailles pour conquérir l’hégémonie culturelle (Gramsci), les candidats doivent imposer leur système d’idées à la population.
Sarkozy en 2005 a gagné l’élection présidentielle sur « travaillez plus pour gagnez plus ». Ce slogan résumait une idéologie très libérale basée sur le mérite. Chaque travailleur gagne ce qu’il mérite.
Aujourd’hui, le FN est fort davantage idéologiquement qu’électoralement. Il gagne la bataille idéologique quand les autres partis reprennent ces idées. Sarkozy avait repris des mesures frontistes, aujourd’hui Hollande a repris la déchéance de nationalité – mesure historique du FN. Macron a a réprimé férocement les mouvements sociaux : gilets jaunes, manifestation des femmes
Cette idéologie dominante crée une culture de la soumission, c’est une aliénation car elle ne laisse pas le choix. Or, le dissensus fait plus progresser que le consensus. La liberté s’apprend grâce aux débats et aux clivages.
Le tyran a besoin de la tristesse de ses sujets. le maître introduit le doute et le mépris dans la tête des esclaves.Il faut du dégoût de soi pour qu’on ne soit pas créateur. La tristesse et la soumission engendre de la résignation et de la honte de soi. Au contraire l’allégresse est une idée révolutionnaire
Qui maintient cette idéologie dominante ?
→ La classe bourgeoise qui a intérêt à maintenir ses intérêts (élévation des dividendes pour accroître leur accumulation des richesses).
→ Les médias de masse, qui diffuse l’idéologie dominante. Les grands journalistes appartiennent à la haute bourgeoisie. Les invités des plateaux TV / radios créent de faux débats grâce à des pseudos experts et scientifiques non reconnus dans le champ scientifique. Exemples : Philosophe : BHL, Economie : Langlet
→ Les partis politiques diffusant l’idéologie dominante (PS/Rep/FN/LAREM)
Document 7 La fin des idéologies et la fin de l’histoire
« Mais la plus importante des leçons de l’histoire est la découverte que l’on ne peut rien attendre de l’histoire, que l’univers des régimes politiques possibles est fini (…) Fascisme et communisme sont mortellement réconciliés dans le stalinisme. Si les voies les plus opposées convergent, le temps de la politique est fini. La théorie de la convergence (des régimes capitalistes et communistes) enseigne qu’il n’y a plus de place dans l’histoire pour le rêve de cette rupture radicale avec les tendances immanentes que l’on appelle révolution. »
Boltanski, Bourdieu, la production de l’idéologie dominante, 2008
Questions
1/ Expliquer la dernière phrase
2/ Pourquoi les discours sur la fin des idéologies contribuent à l’idéologie dominante ?

Conclusion
Quelles cultures politiques en France ?
Les cultures politiques sont nombreuses en France. Elles se classent de gauche à droite mais il existe des cultures spécifiques dans chaque camp.
Ces cultures recouvrent des clivages profonds au niveau économique, philosophique, social ou sur la place de la religion.
Comment se transmet la culture politique ?
La culture politique se transmet par la socialisation. La première instance de socialisation politique est indéniablement la famille. Puis autour des groupes de pairs, l’école, les médias renforcent la socialisation politique familiale ou au contraire s’en distance.
La règle reste les héritiers politiques mais quand les socialisations divergent les parcours atypiques se multiplient. L’idéologie dominante pèse sur la culture politique des individus et leur consentement à l’ordre social et politique.
Quelles sont les variables sociologiques du vote ?
Le vote est de plus en plus volatile, les variables lourdes pèsent de moins en moins face aux enjeux spécifiques des élections. L’âge, le genre sont des variables explicatives mais non automatiques. Le capital culturel et la classe sociale expliquent encore bien certains votes spécifiques mais de façon toujours partiel.
Notions : culture politique, socialisation politique, comportements politiques

II La construction de l’action publique européenne
A Une gouvernance multi-niveaux
L’Union européenne ne constitue pas un Etat au sens classique du terme. Elle ne dispose donc pas d’un gouvernement en tant que tel. Pourtant, des lois sont élaborées (directives, règlements, recommandations) et sont exécutées dans de nombreux domaines… Dès lors, pour rendre compte du processus de fabrication de l’action publique à l’échelle européenne, les politistes (et la Commission européenne elle-même) utilisent le terme de « gouvernance ».
Définition : mode de gouvernement organisé sur la base d’une coopération, d’un partenariat ou d’un contrat, entre une pluralité d’acteurs aussi bien publics que privés.
Le processus de fabrication des politiques publiques européennes se caractérise […] par un enchevêtrement des niveaux d’action où circulent les acteurs des politiques publiques européennes (de l’international au territorial en passant par les Etats), chaque niveau revêtant des logiques d’action particulières. […] L’Union européenne se caractérise par une structure complexe et multiniveaux de fabrication de ses politiques publiques. […]
2 objectifs :
1/ Mieux comprendre les relations entre les trois niveaux d’action et les deux types d’espaces sociaux : le niveau international (l’ordre interne aux Etats et leur jeu intergouvernemental) ; le niveau circonscrit au système politico-administratif européen (les institutions européennes) ; le niveau territorial (collectivités locales, acteurs économiques
locaux…) ; l’espace transnational (réseaux d’experts….), l’espace d’interactions entre acteurs sectoriels (groupes professionnels et autres) ;
– 2/ Mieux repérer les parcours et stratégies des acteurs « européens » (non pas au sens institutionnel, mais au sens d’acteurs qui pensent et agissent en Européens) qui s’engagent souvent simultanément dans plusieurs de ces niveaux et espaces et dans plusieurs réseaux « européens ».
1/ Le partage des compétences
Le traité de Lisbonne (2007) clarifie le partage des pouvoirs entre l’Union européenne et les Etats membres. Il apporte une réponse à « qui fait quoi ? » dans l’UE […]. Le traité de Lisbonne distingue trois grandes catégories de compétences :
– les compétences exclusives de l’Union dans les domaines où elle légifère seule : union douanière, politique commerciale commune, établissement des règles de concurrence nécessaire au fonctionnement du marché intérieur, politique monétaire pour les Etats membres dont la monnaie est l’Euro… ;
– les compétences partagées entre l’Union et les Etats membres, les Etats exerçant leur compétence dans la mesure où l’Union n’a pas exercé la sienne : marché intérieur, politique sociale, cohésion économique, sociale et territoriale, agriculture et pêche, environnement, protection du consommateur, transport, énergie, espace de liberté, de sécurité et de justice, recherche et développement, coopération au développement ;
– les compétences exclusives des États membres mais pour lesquelles l’Union peut mener des « actions d’appui, de coordination ou de complément » : protection et amélioration de la santé humaine, industrie, culture, tourisme, éducation, protection civile, coopération administrative.
2/ Le principe de subsidiarité
Le principe de subsidiarité vise à assurer une prise de décision la plus proche possible du citoyen en vérifiant que l’action à entreprendre au niveau européen est justifiée par rapport aux possibilités qu’offre l’échelon national, régional ou local. Ce principe a été conçu pour rapprocher les lieux décisionnels des citoyens et éviter l’éloignement des lieux de pouvoir.
Le principe de subsidiarité est l’un des principes essentiels du droit de l’UE car il est au cœur de la question délicate de la répartition des compétences entre l’Union européenne et les Etats membres. Le principe de subsidiarité doit permettre de déterminer si l’Union peut intervenir ou si elle doit laisser les Etats membres agir. Il répond à deux objectifs :
• permettre à l’UE d’agir quand les Etats membres, agissant isolément, ne peuvent pas apporter de solution efficace compte tenu des dimensions transfrontalières de la question ;
• préserver les compétences des Etats membres quand l’action européenne n’apporte pas plus d’efficacité. Ce principe ne joue que pour les compétences concurrentes, c’est-à-dire celles partagées entre l’UE et les Etats. A l’inverse, le principe de subsidiarité ne joue pas concernant les compétences exclusives de l’UE (ex : PAC), ni celles qui demeurent de la seule compétence des États (ex : droit de la nationalité).
B … que dans les urnes.
Le constat de la désertion des urnes
20 pays ont des taux d’abstention supérieur à 50 % ! Pour les 8 autres pays, 6 ont des tx > 40 %. Partout les citoyens se désintéressent de ce scrutin. Là où les taux sont bas, c’est que le vote est obligatoire. Un autre signe du divorce entre le peuple et les élites gouvernementales est la percée des partis eurosceptiques : la gauche antilibérale (Grèce, Espagne…) et les partis nationalistes (FN en France).
Pourquoi ? Doc 14 page 90 Des responsables politiques invisibles
La faible médiatisation provient de la non possibilité des médias à personnifier le scrutin. Or, ils sont friands de ce genre d’exercice car la personnification permet des audiences fortes.
Des élus de la majorité qui sont peu prolixes à dévoiler leurs votes au niveau du parlement européen, car leurs décisions sont peu populaires. Exm : mesures de libéralisation économique
Le système institutionnel européen est peu clair et laisse des non élus aux commandes des projets de lois. C’est eux notamment les membres de la commission européenne qui ont le pouvoir. Or aucun contrôle démocratique direct est réalisé. Les groupes de pressions émanant des multinationales sont quant à elles très proches de ce cercle d’élite technocratique.
Politis – 11/06/2009 M. Soudais
La construction européenne ne fait pas rêver. Parmi les 388 millions d’électeurs appelés aux urnes, ils ont été encore moins nombreux, cette année, à se déplacer pour élire leurs représentants au Parlement européen. Ce scrutin, marqué par une désaffection civique croissante qu’aucune élection n’a jamais démentie, enregistre donc un nouveau record d’abstention avec un peu plus de 57 %. Encore ne s’agit-il que d’une moyenne… Car le désintérêt des citoyens culmine à plus de 72 % en Slovénie, en République tchèque, en Pologne et en Roumanie. L’abstention atteint même 79,1 % en Lituanie et 80,4 % en Slovaquie.
Cette indifférence, qui traduit autant le désenchantement ou la sourde protestation des peuples à l’égard de la construction européenne que leur accablement face à la crise, constitue la principale donnée du scrutin. Elle n’affecte toutefois en rien la marche des institutions communautaires, qui ont pris depuis longtemps l’habitude de l’ignorer et s’en accommodent fort bien.
C L’Europe économique contre l’Europe sociale
Lecture Doc 12 page 89. L’Europe : un système politique qui ne protège pas les citoyens ? Parienty
Pourquoi une Europe antisociale ? La faiblesse syndicale
En 2008, John Monks, secrétaire général de la CES, a déclaré que le marché unique européen risquait de réduire à néant tous les résultats chèrement acquis par les syndicats européens. Longtemps, les syndicats tentèrent de construire cette Europe du travail, où l’harmonisation sociale par le haut se concrétiserait. Mais aujourd’hui on constate que le marché unique européen s’est construit contre les droits sociaux des travailleurs. Pourquoi ce constat ?
Des faiblesses congénitales
En 1957, le traité de Rome entérine le marché économique européen sans volet social. Les seuls points sont l’égalité des sexes et la liberté de circulation des travailleurs. Dès 1952, lors de la création de la CECA, une coordination syndicale a été fondé. Puis en 1973 la création de la CES, elle regroupe aujourd’hui 82 organisations et 36 pays et 12 fédérations européennes. D’après la CES le taux de syndicalisation européen est de 25%, c’est la 1e puissance syndicale au monde. Mais la CES n’est pas une confédération plutôt un club de rencontres, car les mesures décidées ne s’appliquent pas à leurs organisations membres, même si la règle de la majorité qualifié a été adoptée.
Prenons l’exemple du transport routier. La réglementation européenne existe par rapport au droit du travail, mais les Etats donnent des mesures plus avantageuses pour favoriser le dumping social (directive pour favoriser les travailleurs détachés)
Des accords cadres ont été signés mais sans portée réelle :
contre le harcèlement au travail 2007
contre le stress au travail 2004
sur le télétravail 2002
Qui est coupable ? L’Europe et sa règle d’unanimité. Tous les États jouent le dumping social pour attirer les entreprises mais le danger est réel de tirer tous les droits sociaux, dont les salaires vers le bas. Au sein de l’UE la législation du travail est du ressort des États, alors que toutes les règles de libre échange sont du ressort de l’UE. Cette architecture est évidemment favorable à l’harmonisation marchande et non des droits sociaux.
Les élus européens sont très majoritairement libéraux économiquement : LR, mais aussi les partis socialistes et centristes. Ils votent toutes les directives de privatisations, de libre échange… De plus souvent ces actes sont « cachés », donc ils n’ont pas à rendre de compte. Les représentants de la commission européenne sont eux choisis en fonction de leur profil pro-libéralisme. Juncker président de la commission eur aujourd’hui a été 1e ministre d’un paradis fiscal ! Draghi président de la BCE a été vice président de la Goldman Sachs célèbre banque d’affaire qui a maquillé le déficit grec pendant des années.
Programme
Lundi 6 mars
RDV devant le lycée à 6h45. Départ du bus à 7h00.
Arrivée à Strasbourg vers 14h Dépose des bagages à l’auberge de jeunesse
Visite à pied du centre ville
Quartier libre
Dîner à l’auberge
Mardi 7 mars
Matin visite guidée du musée des Arts modernes et contemporains
Déjeuner quartier libre pour le déjeuner (pique-nique fourni)
Après-midi Visite du camp de concentration du Struhof
Dîner à l’auberge
Mercredi 8 mars
Matin Visite guidée du Parlement Européen
Départ pour Bruxelles en fin de matinée avec arrêt pour le déjeuner (pique-nique fourni)
Après-midi Dépose des bagages à l’auberge de jeunesse
Visite du centre ville de Bruxelles
Quartier libre
Dîner à l’auberge
Jeudi 9 mars
Matin Visite de la Commission Européenne
Quartier libre pour le pique-nique du midi (pique-nique fourni)
Après-midi Visite du Centre national de la BD ou du musée Magritte
Retour sur Dieppe, arrivée vers 22h
Consignes à respecter pour un voyage réussi
Tout le monde doit être en possession de sa pièce d’identité et de sa carte européenne d’assurance maladie.
Pour les mineurs, vous devez avoir remis l’autorisation de sortie du territoire signée par vos parents avec une copie de leur pièce d’identité.
Attention :
Le règlement intérieur du lycée s’applique pendant toute la durée du voyage.
Les accompagnateurs se réservent le droit d’inspecter les sacs embarqués à bord du car.
A emporter :
● un pique-nique pour le midi du lundi 6 mars .
● Du linge de toilette (serviette …). Il n’est pas fourni gratuitement par l’auberge de jeunesse.
● Un (petit) sac à dos pour transporter quelques affaires et le casse-croûte du déjeuner fourni par l’auberge de jeunesse pendant les sorties chaque jour (le jeudi 9, le pique-nique est aussi fourni).
● Des vêtements chauds, des vêtements de pluie, des chaussures confortables de marche (tennis solides et pas en toile).
● Un peu d’argent de poche pour des dépenses éventuelles. Évitez d’emporter une somme d’argent trop importante : en cas de perte ou de vol, les accompagnateurs déclinent toute responsabilité.
● Un stylo, un crayon, un petit carnet et une pochette rigide pour les fiches d’analyse de tableaux, des lieux historiques et des hémicycles.
Numéros de téléphone utiles (à inscrire dans vos répertoires) :
Secours d’urgence : 112 quel que soit le problème (police, santé …).
Monsieur Descamps: Mme Loisel :
Monsieur Khodjerane : Mme Thomas :
Coordonnées des auberges de jeunesse (en cas de problème grave) :
– à Strasbourg : – à Bruxelles :
Auberge de Jeunesse HI Strasbourg 2 Rives Auberge génération Europe
9, rue des Cavaliers 4 rue de l’élephant
67100 Strasbourg 1080 BRUXELLES
Tel : 00 33 (0)3 88 45 54 20 +32 (0) 2 410 38 58
Fax : 00 33 (0)3 88 45 54 21
A propos des quartiers libres :
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Je soussigné : nom :.………..…..…….…..………..…. prénom : .…..……………..…….……………..……
Père, mère, tuteur de nom :……..………..……………..….……. prénom :..….………..……………………. classe :……..
A Dieppe le : Signature :
Lettre aux parents des terminales 4 et 6
Madame, Monsieur,
Nous souhaitons organiser un voyage à Strasbourg et Bruxelles pour les Terminales E.S 4 et 6. Le thème de ce voyage est celui de l’Europe. Il s’agit d’aller découvrir sur place comment fonctionne les institutions européennes, dans ces deux villes qui en abritent le siège : le Parlement Européen à Strasbourg, et la Commission Européenne à Bruxelles. Ce voyage est ainsi l’occasion d’ illustrer de manière très précise un thème au programme de Sciences Économiques et Sociales des terminales E.S. : celui de l’Union Européenne et de sa place dans le monde. Il est aussi l’occasion d’illustrer des thèmes relatifs au programme d’histoire et géographie puisque nous irons visiter l’ancien camp de concentration du Struhof. Il est enfin l’occasion d’illustrer le programme de philosophie et le thème de l’art au travers des visites du musée d’art contemporain de Strasbourg, des musées Magritte et de la bande dessinée à Bruxelles.
Nous partirons du 6 au 9 mars 2017 en car. L’hébergement se fera en auberge de jeunesse.
La participation financière des familles au voyage s’élèvera aux alentours de 160-180…. € par élève, nous saurons exactement le prix quand nous connaîtrons le nombre exact de participants. Il est important de savoir que les familles peuvent bénéficier d’aides auprès du Fond Social Lycéen, l’élève concerné devra le signaler tout de suite à l’intendance ou aux professeurs référents. Le paiement se fera en trois fois, une première fois sans doute avant les vacances de la Toussaint ou juste après.
Afin de mettre en place ce voyage, nous avons d’ores et déjà besoin de savoir combien de participants y prendront part. C’est pourquoi nous vous demandons de remplir ce coupon (à rendre au plus tard le 27 Septembre) et de vous engager formellement.
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez nous contacter au 06 31 87 29 21 ou descamps.lionel@gmail.com
Anne-Sophie Loisel et Lionel Descamps, professeurs de Sciences Économiques et Sociales
Je soussigné(e) : nom :…..…….……..……..……..………….…. prénom :…..……..…….…..…….…………….…….
Père, mère, tuteur de l’élève :
nom :…..…….……..……..……..………….…. prénom : …..…….……..……..……..………….…. classe : ……..
Autorise mon enfant à participer
Ne souhaite pas que mon enfant participe
au voyage à Strasbourg et Bruxelles du 6 au 9 mars 2017.
A le / / 2016 Signature :
Les classes moyennes à la dérive. Louis Chauvel. 2006
Introduction
Il existe aujourd’hui, un vrai malaise des classes moyennes. Elle sont fragilisés, en même temps que leurs idéaux de mobilité sociale s’éloignent.
Des mouvements sociaux récents traduisent aussi le malaise de ces classes : la contestation des lycéens, des étudiants, des fonctionnaires, des retraités.
Cette fragilisation a des conséquences bien au delà des classes moyennes, elle se répercute sur l’ensemble de la société.
I Définir les classes moyennes
Un essai de définition empirique
Les classes moyennes se définissent selon 3 critères :
* le niveau de revenu autour de 1860€
* un niveau intermédiaire dans les hiérarchies sociales et professionnelles
* le sentiment d’appartenance au groupe intermédiaire et de croyance à l’idéologie du progrès
Cette définition possède certaines limites. De nombreuses inégalités existent au sein de ces classes, en fonction du sexe, de l’âge, du territoire. De plus, le niveau de pouvoir n’est pas pris en compte.
Les classes moyennes sont-elles moyennes ?
Il n’y a pas de définition fixe de la classe moyenne. Au niveau des revenus, il est difficile de déterminer des critères objectifs. 61% des hommes gagnent moins que la moyenne, et pour les femmes se chiffre monte à 69%.
Le revenu médian est de 1500€, mais il n’y a pas de groupe homogène autour de ce chiffre.
Toutefois, l’absence de frontières tangibles, n’empêche pas l’existence de ces classes (paradoxe de Pareto).
Chauvel distingue 3 fractions de la classe moyenne, en terme de revenus :
0,75 x médiane → médiane = 1/3 salariat
médiane → 1,5 x médiane = ¼ salariat
1,5 x médiane → 2,25 médiane = 1/10e salariat
Quelles sont les limites de cette classification : la classe moyenne représente selon la définition, soit ¼ du salariat, soit 2/3. De plus, elle exclut les chômeurs et les indépendants.
Ces 2 limites montrent qu’il est impossible de définir les classes moyennes avec des éléments objectifs.
Les classes moyennes sont-elles une classe ?
Les deux derniers siècles, nous montrent qu’il est rare que les deux conditions objectives et subjectives soient réunis pour une classe. Il ne suffit pas de se ressembler pour s’assembler.
Un fort sentiment d’adhésion aux classes moyennes se manifestent dans la population, 75% ont le sentiment d’y appartenir. Pourquoi ? Elles correspondent à un modèle économique et social hérité des 30 glorieuses. Forte dimension culturelle, morale d’émancipation, démocratisation des valeurs, forte capacité à fédérer tout ceux ne se sentant pas appartenir à une classe, apolitisme. Cette classe apparaît comme spécifique, dans la mesure où à l’image de la paysannerie parcellaire évoqué par Marx, elle est un « sac à patates ».
Définition : Ensemble hétéroclite, dont l’unité s’est fondé un temps sur l’espoir d’un changement social et culturel radical. Pour l’école Bourdieusienne, elle est une classe de frustration.
Un siècle de « nouvelles » classes moyennes
Aujourd’hui, un doute apparaît, face aux difficultés qui s’accumulent : logement, baisse des emplois publics, déclassement des diplômés. GEIGER parla de « paniques » des classes moyennes. SIMMEL remarquait déjà que les classes moyennes jouaient un rôle tampon entre la bourgeoisie et la classe ouvrière, mais seulement en période d’ascension social, non à l’inverse.
Cette tendance, nous rappelle que les classes moyennes sont divisées :
* Supérieures proches de la bourgeoisie, professions libérales, journalistes…
* Intermédiaires : ouvriers très qualifiés
* Ancienne : classe moyennes indépendantes fondées sur le capital économique
* Nouvelle : salariés qualifiés ayant un capital scolaire
La mobilité sociale est limité car il existe beaucoup d’homogamie, dans ces classes. De plus, plusieurs oppositions s’observent. La première se situe entre le pôle des indépendants hétéroclite et celui des salariés de la fonction publique, où le privé joue un rôle intermédiaire. La seconde oppose petite entreprise à l’Etat.
Cependant, la classe moyenne garde une unité par la trajectoire d’ensemble qu’elle forme, un mouvement partagé dynamique.
II Que se passe t-il dans la société française ?
2.2 La société de post abondance
La rupture du régime de croissance dans le début des années 80, engendre un ralentissement des hausses salariales. Quand le salaire doublait en 20 ans, pendant les 30 glorieuses, il faut attendre aujourd’hui 140 ans. Ce sentiment de perte de pouvoir d’achat s’est accéléré dans les années 2000, puisque la croissance ralentie n’a pas profité aux classes moyennes et populaires.
L’horizon social morose a conduit à un repli personnel et immédiat. Cette insécurité sociale pèse sur ces classes.
Le diplôme, la qualification étaient des critères salariales stables, la désintitutionnalisation et la désyndicalisation ont engendré avec eux un recul de la méritocratie.
III Les classes moyennes face au déclassement générationnel
Il n’y a pas plus de pauvres aujourd’hui qu’en 1984, mais ils sont plus visibles. En effet, la pauvreté touchait les personnes âgées, alors qu’aujourd’hui se sont les jeunes qui en pâtissent.
Les jeunes de cette génération ont été nombreux à être diplômés, ils n’ont pas connu pour autant le déclassement car la société leur a laissé de la place. Dans les services publics, les entreprises privées on leur a confié du travail qualifié. Les jeunes quadragénaire prirent le pouvoir dans les organisations (politiques, associatives, économiques…). Au final, cette génération connu un faible degré de frustrations.
De nos jours, la jeune génération n’a jamais connu l’emploi stable. Des banlieues aux universités, il existe un profond malaise. Elle doit se contenter de second choix le plus souvent, dans cette lutte de classement où les places sont rares. En témoigne, la moitié des postes publics de niveau intermédiaire ont disparu.
La précarité devient un chemin obligée pour l’entrée dans la vie active. Ainsi, le premier rapport à l’emploi est synonyme de paupérisation.
La structure sociale actuelle impose une dynamique générationnel particulière. Celle-ci se caractérise par un pénible déclassement pour de nombreux diplômés, une faible mobilité sociale, la fin de l’extension des classes moyennes.
Le décrochage des salaires vis à vis des revenus du patrimoine conduit à renforcer le poids de l’héritage comme déterminant du mode de vie. L’importance du capital économique hérité rentre en contradiction avec le besoin d’autonomie des jeunes. D’autant plus, que cette autonomie passe par un travail intégrateur, or ce n’est plus le cas.
La nouvelle génération élevé dans le confort, devient peu capable de satisfaire ces propres besoins, de façon autonome sur le marché. Cela crée une fracture générationnelle. Pour combler ce fossé, le risque est grand de se surendetter. Ce malaise provient des espoirs nourris supérieurs aux possibilités réelles. On est dans une situation de socialisation dysfonctionnelle. Des signes d’anomie apparaissent dans cette jeunesse : crise des banlieues, mouvements du CPE, des jeunes chercheurs… Ces signes engendrent une déstabilisation politique : abstention, peu d’engagement…
IV Les classes moyennes sans projet
4.1 Un triple coup d’arrêt
Ces classes se définissent par rapport à 3 éléments : une certaine position dans l’échelle économique, une position hiérarchique intermédiaire, une identification positive. Depuis 1985 un coup d’arrêt dans la croissance des classes moyennes a eu lieu. Deux évolutions sont à noter depuis. La première est une dynamique optimiste des plus qualifiés. La seconde est la routinisation due aux emplois standardisés. La représentation en l’avenir des classes moyennes s’est aussi largement modifiée. Ce mouvement de dé-moyennisation touche aussi l’espoir que représentait ces classes pour celles populaires.
L’individualisme est fait d’émancipation et de refus de la hiérarchie. Ce modèle égalitaire repose sur le fait que chacun ait des ressources culturels, économiques pour concevoir ses propres choix de vie.
La classe moyennes prétendent émanciper les classes populaires en imposant l’égalitarisme et l’individualisme. Or, les classes moyennes n’ont pu cette légitimité. Ce malaise se manifeste aussi chez les classes populaires où il ya un discrédit de l’individualisme.
Le succès des classes moyennes ne coïncide pas toujours avec la maîtrise de l’avenir politique. En Argentine, les classes moyennes ont rejoint celles populaires contre l’aristocratie. En Suède, elles ont renégociés la structure sociale.
Aujourd’hui, la situation est instable : l’aristocratie patrimoniale émerge, perte de contrôle politique des classes moyennes provoquant une grave crise politique.
Conclusion : Que faire ?
Les tenants du conservatisme reprennent la main. Ils recréent une hiérarchie forte entre classes supérieures et moyennes afin d’enrichir les élites. Cette autorité est apprécié dans les classes populaires, étant donné que le modèle de tolérance, d’autonomie provenant de l’avènement de Mai 68 et des classes moyennes est en déclin.
Spectacle - Concert des chants de rue
Economie et société
Les Sciences Economiques et Sociales
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