Document 1
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Activité |
Rémunérations mensuelles moyennes |
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Président de la république |
Indemnité : 15 140€ brut par mois (en 2017) + chauffeur, avion, res sencondaire, logement de fonction à l’Elysée… |
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Député |
Indemnité : 7 185€ brut par mois (2017) + indemnité pour réception + indemnité pour payer les collaborateurs |
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Maire de village |
Indemnité comprise entre 646 et 1635€ brut par mois |
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Footballeur de Ligue 1 |
45 000€ brut |
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Avocat |
8000€ brut |
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Chirurgien dentiste |
7000€ brut |
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Ouvrier qualifié de l’industrie |
2145€ brut |
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Assistant de direction |
3000€ brut |
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Caissier de magasin |
1800€ brut |
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Coiffeur |
1645€ brut |
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SMIC pour 35h |
1480€ brut |
Document 2 PSG : Zlatan bat un nouveau record… avec son salaire
Zlatan Ibrahimovic est redevenu le joueur le mieux payé de L 1. Son nouveau contrat, qui s’achève en juin, lui assure un salaire de 1,5 M€ brut par mois. Ronan Folgoas | 27 Janv. 2016, 00h00 | MAJ : 27 Janv. 2016,
Parc des Princes (Paris), samedi. Auteur de son 17e but en Ligue 1 cette saison contre Angers, Zlatan Ibrahimovic touchera une prime s’il réalise le plus gros cumul buts passes décisives du club en fin de championnat.
C’est un drôle de cadeau que le PSG a déposé, quelques jours avant Noël, au pied du sapin de Zlatan Ibrahimovic. Un cadeau qui a pris la forme d’un nouveau contrat de travail. Selon nos informations obtenues auprès de sources concordantes, la star suédoise s’est ainsi vu offrir en plein milieu de saison une augmentation salariale spectaculaire. Alors que le Suédois touchait depuis juillet environ 800 000 € brut par mois, il bénéficie depuis janvier d’un salaire de 1,5 M€ brut, soit un peu plus de 1 M€ mensuels net de charges. Et redevient ainsi le joueur le mieux payé de France. Il est en outre prévu que cette augmentation s’applique de manière rétroactive sur les six premiers mois de la saison 2015-2016 (de juillet à décembre).
Document 3
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Conception de justice sociale |
Principes de justice |
Objectif de revenu moyen et minimum |
Objectif de redistribution |
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Libertariens (Hayek) |
Laisser faire le marché |
Aucun |
Aucune redistribution |
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Utilitaristes |
Maximiser la satisfaction totale |
Maximiser le revenu moyen (= maximiser le revenu total) |
L’État doit redistribuer tant que cela augmente le revenu total |
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Rawlsienne |
Maximiser le sort des plus défavorisés |
Maximiser le revenu minimum |
Redistribution jusqu’à ce que le revenu minimum soit maximum même si cela baisse le revenu total |
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Egalitaristes |
Réduire voire éliminer les inégalités |
Egaliser le revenu moyen et le revenu minimum |
Redistribution jusqu’à l’égalité |
Document 4 OXFAM Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale
16 janvier 2017
Seuls huit hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui représentent la moitié la plus pauvre de l’humanité, selon un rapport publié aujourd’hui par Oxfam à l’occasion de la rencontre annuelle de l’élite politique et économique à Davos. Ce nouveau rapport, intitulé « Une économie au service des 99 % », montre que l’écart entre les riches et les pauvres est beaucoup plus important qu’on ne le craignait. Il illustre en détail comment les grandes entreprises et les plus fortunés alimentent la crise des inégalités en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en utilisant leur pouvoir pour influencer la politique. Il préconise donc des changements fondamentaux dans la façon dont nous gérons nos économies afin que celles-ci servent l’ensemble de la population, et non une poignée de privilégiés seulement.
Pour Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International, « il est indécent que tant de richesses soient détenues par si peu de monde, quand une personne sur dix survit avec moins de 2 dollars par jour. Les inégalités enferment des centaines de millions de personnes dans la pauvreté, fracturent nos sociétés et affaiblissent la démocratie. » « Partout dans le monde, des femmes et des hommes sont laissés pour compte. Leurs salaires stagnent, mais les grands patrons s’octroient des primes qui se chiffrent en millions de dollars. Leurs services de santé et d’éducation sont réduits pendant que les grandes entreprises et les plus fortunés se soustraient à l’impôt. Leurs voix ne sont pas entendues, alors que les gouvernements se mettent au diapason des grandes entreprises et d’une élite nantie. »
Sept personnes sur dix vivent dans un pays où les inégalités se sont accentuées au cours des trente dernières années. Entre 1988 et 2011, les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de 65 dollars par an en moyenne, contre 11 800 dollars pour les 1 % les plus riches, soit 182 fois plus.
Les femmes – qui sont souvent employées dans des secteurs à bas salaires, font l’objet de discriminations importantes au travail et se chargent d’une part démesurée du travail de soin non rémunéré – se retrouvent souvent au bas de l’échelle. Si la tendance actuelle se poursuit, il faudra encore 170 ans pour que les femmes atteignent le même niveau de rémunération que les hommes.
Oxfam a interrogé des ouvrières d’une usine de confection au Vietnam : bien qu’elles travaillent 12 heures par jour et six jours par semaine, leur salaire d’un dollar de l’heure leur permet à peine de s’en sortir. Pourtant, elles fabriquent des vêtements pour quelques-unes des plus grandes marques mondiales de prêt-à-porter et les PDG de ces entreprises font partie des personnes les mieux rémunérées de la planète. L’évasion fiscale des entreprises coûte au moins 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres. Avec cette somme, les 124 millions d’enfants non scolarisés dans le monde pourraient recevoir une éducation, et des interventions médicales pourraient éviter la mort d’au moins 6 millions d’enfants chaque année.
Ce rapport met en lumière la façon dont les plus fortunés recourent à un réseau de paradis fiscaux pour éviter de payer leur part d’impôt et à une armée de gestionnaires de patrimoine pour obtenir des retours sur investissement inaccessibles à l’épargnant moyen. Contrairement aux idées reçues, nombre de ces personnes ne doivent pas leur fortune à leur propre mérite. L’analyse d’Oxfam montre que plus de la moitié des milliardaires du monde ont hérité de leur fortune ou l’ont accumulée dans des secteurs d’activité où la corruption et le copinage sont monnaie courante.
Les grandes entreprises et les plus fortunés mettent à profit leur argent et leurs relations pour s’assurer que les politiques publiques leur soient favorables. Par exemple, les milliardaires brésiliens ont cherché à influencer les élections et leur lobbying a eu pour effet de réduire leur facture fiscale. De même, les pétroliers nigérians ont obtenu de généreuses réductions d’impôt.
Evolution du nombre de riches possédant autant que la moitié de la richesse mondiale
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2012 |
2013 |
2014 |
2015 |
2016 |
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159 |
92 |
80 |
62 |
8 |
Document 5 Salaires des grands patrons: le pouvoir aux actionnaires Par Le Figaro.fr 10/04/2017
Fin d’une époque pour les dirigeants des sociétés françaises cotées: leurs bonus, retraites chapeau et autre parachutes dorés peuvent désormais être refusés par les actionnaires, qui pourront aussi refuser l’an prochain le paiement de primes jugées excessives. Cette année, Carlos Ghosn pourrait ne pas obtenir d’augmentation. Le patron de Renault avait fait face l’an dernier à une fronde de ses actionnaires, qui avaient rejeté à 54% sa rémunération de 7,2 millions d’euros au titre de l’exercice 2015. Sans conséquence, puisque le conseil d’administration l’avait immédiatement confirmée, provoquant une polémique nationale et précipitant le vote d’une loi pour empêcher ce type de passage en force. Le texte a commencé à s’appliquer dans les assemblées générales des sociétés cotées en Bourse. Désormais, les actionnaires doivent valider la méthode de calcul des rétributions des dirigeants pour 2017. Tous les éléments sont pris en compte: salaire fixe, primes variables, bonus exceptionnels, actions gratuites, jetons de présence, avantages en nature. S’ils votent contre, les critères de 2016 s’appliqueront encore en 2017, à moins qu’une deuxième mouture ne soit approuvée lors d’une nouvelle assemblée générale. Mais tous les groupes préfèrent s’éviter un désaveu cinglant.
L’objectif de la loi, l’auto-limitation des rémunérations
« Tout le monde appréhende et se demande comment présenter les choses. En amont, les conseils d’administration ou de surveillance sont encore plus sensibles au sujet », dit à l’AFP l’avocat d’affaires Gérard Cohen, qui conseille certaines entreprises concernées. « Il y a eu un gros effort d’explication, justement pour éviter les votes négatifs », confirme sa consoeur Stéphanie de Robert-Hautequèren. « Les sociétés ont tendance à augmenter le salaire fixe pour limiter l’aléa sur la part variable », observe-t-elle, ajoutant qu' »un des objectifs recherchés par la loi c’est l’auto-limitation ».
Document 6 Inégalités de salaire : les Françaises appelées à cesser le travail ce lundi 7 novembre – Marianne – 07/11/2016

Le collectif Les Glorieuses appelle les femmes à quitter leur travail ce lundi 7 novembre à 16h34, et ce… jusqu’à la fin de l’année. La raison de cette précision dans la date est très simple : si l’on se base sur l’écart de salaire moyen entre hommes et femmes, selon leur calcul, les Françaises travailleront à partir de ce moment bénévolement pendant les deux mois restants de l’année, comparées à leurs collègues masculins. « Tout travail mérite* salaire. *Offre valable, toute l’année pour les hommes, uniquement jusqu’au 7 novembre à 16h34 pour les femmes », dénonce ainsi le collectif.
Une inégalité, si on en croit le Forum économique et mondial, qui ne sera réduite pas réduite avant 2186 ! Sur Facebook, avec l’appui du blog « Paye Ta Shnek », le collectif a donc créé un événement pour appeler les « femmes, les hommes, les syndicats et les organisations féministes à rejoindre le mouvement du ‘7 novembre 16h34’ et à multiplier les événements et manifestations pour faire de l’inégalité salariale une problématique politique centrale. En s’emparant collectivement de ce sujet, nous montrons que l’inégalité des salaires entre les genres n’est pas une ‘affaire de bonne femme' ». A Nantes et à Lyon, d’autres événements sont prévus par des collectifs féministes.
Un mouvement directement inspiré des Islandaises. Le 24 octobre dernier, ces dernières ont quitté leur travail à 14h38 pour aller manifester devant le Parlement, à Reykjavik, la capitale, et réclamer elles aussi l’égalité de salaire.
En 1975 déjà, comme le rapelle Le Monde, 90 % des femmes de l’île s’étaient mises en grève et avaient rejoint la capitale. Rebelote en 2005 et 2008. En France, selon un calcul du journal Libération, les femmes, sur une journée de travail, commencent à travailler bénévolement à partir de 14h38…
Document 7 Comment les grands patrons justifient leur rémunération – 2016 – Europe 1
Joue la comme Tavares. La phrase. « J’ai pris un risque personnel que j’assume. Comme je l’ai dit, je me considère comme un joueur de football ou comme un pilote de Formule 1, il y a un marché. » Le 4 mai 2016, à l’Assemblée nationale. Le contexte. L’assemblée générale des actionnaires du groupe a validé il y a une semaine à 76,53% la rémunération de Carlos Tavares malgré un vote négatif de l’Etat, actionnaire minoritaire du constructeur automobile.
En pleine polémique sur la rémunération des grand patrons, le dirigeant de PSA s’est comparé mercredi à un joueur de football. « Quand j’ai pris mes fonctions à la tête de PSA, personne ne m’a dit ‘Attention, il y a une part très importante de votre salaire qui est variable, en fonction des résultats de l’entreprise' », a-t-il ajouté alors qu’il était auditionné à l’Assemblée nationale. « Par rapport à mes pairs, je suis payé le tiers ou la moitié, tout cela ce sont des faits qui ne sont pas audibles, et j’en ai pleine conscience, mais c’est la réalité de notre monde », a-t-il précisé, ajoutant que la dimension sociétale de cette question le « dépassait ».
« Le talent » de Ghosn. La phrase. « Le conseil d’administration juge si la façon dont le PDG est payé est conforme à ses efforts, à son talent, à la situation ». Le 29 avril 2016, lors de l’assemblée générale du groupe Renault. Le contexte. Carlos Ghosn touchera bien un salaire en hausse, à 7,251 millions d’euros pour l’année 2015. Le conseil d’administration de Renault en a décidé ainsi vendredi, malgré l’opposition de l’assemblée générale des actionnaires qui avait rejeté cette hausse. Selon le patron de Renault, ce n’est « pas lui », mais « le conseil d’administration, qui fixe la rémunération, elle-même préparée par le comité des rémunérations ». « En tant qu’actionnaire, vous donnez délégation (…) au conseil d’administration, c’est lui qui juge non pas sur la base d’un caprice, mais il juge si la façon dont le PDG est payé est conforme à ses efforts, à son talent, à la situation (…). Nous avons un processus très clair, transparent ».
Maurice Levy, le buteur
La phrase. « Marque des buts et tu recevras ta prime à la fin ». Le 14 avril 2012, sur RTL.
Le contexte. En 2012, Maurice Levy, le patron de Publicis filait aussi la métaphore sportive. Cette année-là, il touche 16 millions d’euros en rémunération différée, une partie de salaire variable qui s’ajoute à sa rémunération régulière. Les 16 millions d’euros versés par Publicis sont une « rémunération différée cumulée à la fin de neuf années et versée en une seule fois » justifie alors ce grand patron. « C’est vrai, c’est beaucoup d’argent. Mais c’est de l’argent gagné par du travail. Cela représente un peu moins d’un demi-centime par euro gagné. »
Document 8
Document 9 Pourquoi y a-t-il des différences de salaires ? par Pierre Cahuc économiste
Cette question suscite de nombreux débats aux enjeux multiples. D’un côté, on peut penser que les différences de salaire reflètent des différences liées aux compétences et à la pénibilité des tâches. De telles différences peuvent apparaître légitimes à plusieurs titres. Elles rétribuent des capacités et des efforts différents. Elles ont en outre des vertus incitatives, puisque des emplois offrant des salaires élevés peuvent susciter les efforts nécessaires pour en être titulaire. Mais on peut aussi penser que les différences de salaires proviennent de rentes de situation ou de comportements discriminants de la part des employeurs. Les inégalités de salaire dont sont victimes les femmes ou certaines minorités éthniques sont souvent dénoncées comme participant d’une telle logique.
L’analyse économique permet de dégager les conditions dans lesquelles les différences de salaires rétribuent uniquement une hétérogénéité de compétences et de pénibilité des tâches. Tel est l’objet de la « théorie des différences compensatrices » qui repose sur l’hypothèse d’un fonctionnement parfaitement concurrentiel des marchés. Cette théorie a subi de nombreuses critiques, qui permettent de repérer d’autres éléments influençant l’hétérogénéité des salaires. Ainsi, les comportements discriminants des employeurs, des consommateurs et des salariés, les coûts de transaction, la présence de syndicats, les asymétries d’information constituent d’autres sources de différences de salaire. Les nombreux travaux empiriques consacrés au problème de l’hétérogénété des salaires éclairent encore très partiellement, à l’heure actuelle, l’importance relative des divers déterminants des différences de salaire.
1 LA THÉORIE DES DIFFÉRENCES COMPENSATRICES…
La théorie des différences compensatrices indique que le libre jeu de la concurrence sur les marchés doit conduire à des différences de salaire uniquement induites par des différences de pénibilité des tâches et de compétence. Nous commencerons par expliquer comment les mécanismes concurrentiels opèrent, avant de rappeler que la théorie hédonique des salaires rend compte des différences liées à la pénibilité des tâches tandis que la théorie du capital humain traduit celles liées aux compétences.
1.1 La prédominance des mécanismes concurrentiels
La libre concurrence est souvent considérée comme un mécanisme très efficace d’allocation des ressources. La théorie des différences compensatrices applique simplement cette opinion au marché du travail. On peut comprendre aisément ses prédictions de base en considérant une situation où tous les emplois sont strictement identiques, c’est-à-dire ont exactement la même productivité, indépendamment du travailleur embauché, le même contenu et sont localisés au même endroit.
Les travailleurs savent que tous les emplois sont identiques et sont capables d’observer leur rémunération. Supposons à présent que les salaires sont différents.
Dans ce cas, les individus recevant des salaires faibles ont intérêt à concurrencer leurs homologues mieux payés en proposant aux employeurs qui payent des salaires élevés d’être embauchés pour un salaire légèrement plus faible. Ce mécanisme incite les travailleurs bénéficiant de rémunérations élevées à accepter des diminutions de salaire pour ne pas être remplacés par des concurrents et pousse les employeurs offrant de faibles salaires à concéder des augmentations pour éviter que leurs salariés ne les quittent. Il y a donc, dans ce cadre, une tendance indéniable à l’égalisation des salaires. Il s’agit de la situation d’équilibre correspondant à un seul salaire égalisant l’offre et la demande globale pour le type d’emploi concerné.
1.2 La théorie hédonique des salaires
La théorie des différences compensatrices prédit que des travailleurs ayant la même productivité doivent percevoir des salaires différents s’ils exercent des tâches de différents niveaux de pénibilité. C’est la théorie hédonique des salaires, proposée par Rosen en 1974, qui rend compte de cette dimension de l’hétérogénéité des salaires.
On peut l’illustrer en considérant des emplois caractérisés par divers degrés de risque d’accident du travail. Selon ses préférences, chaque travailleur est prêt à accepter un emploi plus risqué s’il est compensé par une rémunération plus élevée. De manière similaire, les entreprises arbitrent entre les coûts nécessaires pour assurer la diminution des risques d’accidents et les concessions salariales qu’elles sont prêtes à faire pour inciter les travailleurs à accepter des emplois risqués sans réaliser de dépenses de sécurité.
1.3 La théorie du capital humain
La théorie du capital humain, initiée par Becker (1975), rend compte du fait que les différences de salaires sont liées aux différences de productivité et rétribuent des différences d’investissement en formation. Le capital humain peut s’accumuler grâce à un investissement, en temps, en moyens financiers, en efforts… Supposons que les travailleurs vivent deux périodes et décident de leur montant d’investissement en capital humain dans leur première période de vie et travaillent en seconde période. Tous les individus n’ont pas le même coût d’acquisition des compétences. Ce coût dépend des préférences de chacun, du contexte familial, des capacités personnelles.
2.2 La théorie du salaire d’efficience
La théorie du salaire d’efficience prédit que les employeurs peuvent avoir intérêt à accroître les salaires au-delà de leur niveau concurrentiel pour améliorer la productivité du travail. Ce corpus théorique comporte quatre courants. Le plus populaire se fonde sur un mécanisme d’incitation à l’effort : l’employeur, contrôlant imparfaitement l’effort déployé par les salariés, doit mettre en œuvre un mécanisme incitatif, afin qu’ils fournissent l’effort requis (Shapiro et Stiglitz, 1984). Un deuxième courant retient l’idée qu’un chef d’entreprise, observant imparfaitement les caractéristiques des individus qu’il embauche, pourrait pratiquer une politique de « hauts salaires » afin d’attirer dans son entreprise les meilleurs éléments de la population active (Weiss, 1980). Par conséquent, les salariés obtiennent des rentes : ils sont dans une situation préférable à celle des chômeurs, du fait même du comportement des employeurs.
La théorie du salaire d’efficience indique que les différences de salaire ne proviennent pas uniquement des capacités individuelles ou de la difficulté des tâches. Elles dépendent aussi d’autres caractéristiques qui impliquent une formation des salaires profondément différente de celle décrite par le modèle de concurrence parfaite. Les théories des négociations s’inscrivent dans la même perspective.


















