Le à l’occasion du 53e anniversaire de la rafle du vélodrome d’hiver, Jacques Chirac reconnait « la faute collective » de la France et déclare : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français1. »
Le , le président annonce sa décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national. Ce choix de suspension, et non d’abolition, doit permettre de le rétablir en cas de conflit armé.
Le , il se rend en Israël et se met en colère contre le chef de la sécurité israélienne en l’accusant de provocation à l’égard des commerçants palestiniens.
De plus en plus impopulaire, le gouvernement d’Alain Juppé doit affronter des grèves massives durant l’hiver 1995–1996, dues à la réforme des retraites du public et au gel du salaire des fonctionnaires. Devant l’essoufflement de sa majorité, il risque une dissolution, attendue par beaucoup et probablement conseillée par Dominique de Villepin, de l’Assemblée nationale le , soit onze mois avant la date prévue. Pris de court, ni son parti ni son électorat ne comprennent son geste tandis que l’opposition crie à la manœuvre. Les élections qui suivent voient la victoire de la « gauche plurielle », menée par Lionel Jospin. Jacques Chirac nomme ce dernier Premier ministre.
Jean-Pierre Raffarin entame la mise en œuvre de certaines des promesses de la campagne : baisse de l’impôt sur le revenu et multiplication d’actions ciblées contre la délinquance, avec son très médiatique et populaire ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et contre l’insécurité routière, avec le ministre des transports Gilles de Robien. Viendront ensuite l’assouplissement des 35 heures, la réforme des retraites et de la sécurité sociale, la décentralisation.
Du 26 août au , Jacques Chirac est présent au sommet de la Terre qui s’est tenu à Johannesburg. Il est accompagné par des représentants de quelques entreprises françaises des secteurs des services essentiels, et par des ONG. Il affirme, dans le cadre d’une intervention restée célèbre : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
La situation internationale, marquée par l’attentat du 11 septembre, voit l’intensification de la politique étrangère du président des États-Unis, George W. Bush, avec qui Jacques Chirac s’entend mal. S’il l’avait soutenu lors de l’intervention en Afghanistan, il place la France, aux côtés de l’Allemagne dirigée par Gerhard Schröder, la Russie dirigée par Vladimir Poutine et la Chine Populaire de Hu Jintao, comme l’opposante principale des États-Unis contre l’invasion de l’Irak. Épaulé par son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, il obtient que les États-Unis passent par l’ONU avant toute intervention. Profitant d’un large consensus national sur la question, Jacques Chirac se fait le chantre d’un « monde multipolaire ». Soutenu par les opinions publiques européennes mais seulement par quelques dirigeants (le belge Guy Verhofstadt et l’allemand Gerhard Schröder), il s’oppose aux États-Unis, soutenus par huit gouvernements ouest-européens (dont la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne) et dix pays est-européens et laisse entendre qu’il utilisera son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies tant que la situation n’évoluera pas. Cette annonce lui vaut une campagne hostile, notamment dans une partie des médias anglo-saxons (The Sun titre alors « Chirac is a worm » — « Chirac est un ver »). Les relations avec les États-Unis deviennent exécrables, ne commençant à se normaliser qu’à partir de la commémoration du débarquement en Normandie, quinze mois plus tard. Pour les politologues Bertrand Badie et Christian Lequesne, la France se rapproche des États-Unis dès 2003, selon le premier pour « préserver les intérêts économiques et politiques de la France qui souffraient, surtout aux États-Unis, du French bashing » ; selon le second parce que, après les attentats du 11 septembre 2001, « Chirac a eu la conviction que face au modèle de démocratie qu’incarnaient les États-Unis comme la France, se dressait désormais une menace commune : l’islamisme »3.
Au lendemain d’une défaite massive aux élections cantonales et régionales de 2004 (20 des 22 régions de France métropolitaine passent ou repassent à gauche), il nomme Nicolas Sarkozy ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie
L’assassinat de Rafiq Hariri, riche homme d’affaires et ancien premier ministre libanais, le 14 février 2005, est vécu comme un drame personnel par Jacques Chirac : il existait une amitié de longue date entre les deux hommes. Rafiq Hariri avait contribué au financement des campagnes électorales de Jacques Chirac depuis 1981 et il semble avoir exercé une influence importante sur la politique étrangère de la France au Moyen-Orient. Jacques Chirac contribue à la création du Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban destiné à poursuivre les assassins de Rafic Hariri, initiative qui ne se concrétisera qu’après la fin de son mandat, le 30 mai 2007. Après son départ de l’Élysée en 2007, le couple Chirac s’installera dans un appartement parisien prêté par la famille Hariri4.
Pour impliquer les Français dans la Constitution européenne, Jacques Chirac décide qu’un référendum sera organisé pour la ratification de celle-ci, à organiser au plus vite afin de remporter le scrutin. Désormais favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (son « vœu le plus cher »), il voit une partie de sa majorité s’opposer à cette perspective, ce qui vient brouiller les cartes du référendum : le , les Vingt-cinq décident l’ouverture de négociations avec la Turquie. Le projet de directive Bolkestein détourne une partie de l’inquiétude sociale grandissante sur l’Europe, malgré les tentatives de désamorçage du président. Pis, Jacques Chirac, pour la première fois aux yeux du public, semble déconnecté des attentes sociales, notamment des jeunes, lors d’un débat télévisé bien encadré, le sur TF1. Dans un contexte de quasi-unanimité en faveur du « oui » des partis de gouvernement et des médias, les sondages s’inversent trois fois, le débat enflamme les Français et mobilise les médias jusqu’au jour du référendum.
Gouvernement de Dominique de Villepin (2005-2007)
Le , après une campagne marquée par l’implication personnelle du président, le « non » l’emporte avec 54,68 % des voix et avec une forte participation de 69,74 %. Le surlendemain, Jean-Pierre Raffarin démissionne ; Jacques Chirac annonce son remplacement par un duo formé par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy : l’un comme Premier ministre, l’autre comme ministre d’État, rejoignant le ministère de l’Intérieur. La presse se déchaîne contre le peu de changement des membres du gouvernement mais est intriguée par la « cohabitation » des deux (on parle de « vice-Premier ministre »). Jean-Louis Borloo, un temps pressenti, élargit son ministère en devenant ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement.
Jacques Chirac entame alors un bras de fer avec Tony Blair (qui prend la présidence de l’Union), sur le budget de l’Union. Cette confrontation s’étend à la candidature de Paris et Londres pour les Jeux olympiques d’été de 2012 où les deux hommes s’impliquent personnellement. Les Français partent favoris et espèrent contrer la morosité qui s’abat sur le pays, mais, le 6 juillet, Londres est choisie par le CIO. Le , lors d’un sommet franco-italien, Jacques Chirac reproche à la Commission européenne de ne pas lutter contre des licenciements chez Hewlett-Packard, ce qui fait réagir le président de la Commission qui qualifie cette accusation de « démagogie », estimant que le sujet est du domaine national.
Le projet de Charte de l’environnement voit le jour. Il a été voulu par le président Chirac, conseillé par une commission d’experts. Le texte de la Charte de l’environnement est adopté le par le Parlement réuni en congrès, et promulgué officiellement par Jacques Chirac le 1er mars. Il figure désormais dans le préambule de la Constitution de la Ve République. C’est la Cour de cassation qui reprend maintenant les Devedjian pense le contraire8; Jacques Chirac demande au début de l’année 2006 à Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, « de la retenue » en attendant que la question de sa succession vienne à l’ordre du jour.
À partir de la fin du mois d’, à la suite de la mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois électrocutés en se réfugiant dans un transformateur EDF9, puis à des déclarations du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, les actes de violence se multiplient les nuits suivantes, les médias finissant par parler d’émeutes, se propageant dans de nombreuses banlieues en France (des milliers de voitures brûlées, des entreprises et bâtiments publics détruits, etc.). Le 8 novembre, Jacques Chirac décrète en Conseil des ministres l’état d’urgence (qui sera levé environ 2 mois plus tard, le ), les préfets pouvant déclarer le couvre-feu dans tout ou partie du territoire. Jacques Chirac s’adresse pour la première fois sur ces émeutes en banlieues directement aux Français via la télévision et la radio le lundi 14 novembre, regardé par plus de vingt millions de téléspectateurs10.
En visite le à l’Île Longue, base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français, Jacques Chirac y réaffirme les principes de la politique de dissuasion nucléaire française, marquant une inflexion de la doctrine nucléaire du pays : ne plus raisonner « du faible au fort » mais « du fort au fou », dans une période marquée par le terrorisme et les ambitions nucléaires de pays comme l’Iran et la Corée du Nord. Si les États-Unis et le Royaume-Uni réagissent positivement à cette annonce, la classe politique allemande s’inquiète de cette position, alors que l’Iran proteste.
Après le Contrat nouvelle embauche (CNE), Dominique de Villepin décide, au début de l’année 2006, de lancer un nouveau contrat de travail similaire, pour les jeunes, baptisé Contrat première embauche (CPE). La mobilisation syndicale et étudiante contre ce projet en particulier, et contre la dite loi pour l’égalité des chances plus généralement, se met lentement en place mais finit par prendre des proportions très importantes, et le Premier ministre est mis en difficulté. Jacques Chirac prend plusieurs fois la parole pour le soutenir, mais n’intervient pas avant le 31 mars, où, dans une allocution devant 21 millions de téléspectateurs, il annonce la promulgation de la loi qui contenait le CPE mais demande de ne pas appliquer cette mesure en attendant une nouvelle loi sur le sujet, confiant le dossier à l’UMP, ce qui fait dire à un proche de Nicolas Sarkozy : « en réalité, le CPE est bel et bien suspendu, mais on ne le dit pas pour ne pas vexer Villepin »11. La presse se montre très critique sur ces demi-mesures et le 10 avril, le Premier ministre annonce le remplacement rapide du CPE par une autre loi.
L’affaire Clearstream 2 vient ensuite bousculer l’emploi du temps du gouvernement. Dominique de Villepin, mais aussi Jacques Chirac, sont soupçonnés par la presse d’avoir commandité des enquêtes confidentielles sur des hommes politiques français, entre lesquels Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Chevènement et Alain Madelin, qui ont été accusés anonymement et faussement d’avoir profité de rétrocommissions en marge de l’affaire des frégates de Taiwan. Nicolas Sarkozy porte plainte contre X en janvier2006 pour « dénonciation calomnieuse », rapidement rejoint par une série d’autres personnalités françaises.
L’affaire Clearstream 2 dévie par la suite vers l’affaire du compte japonais de Jacques Chirac, puisque le Canard enchaîné affirme dans son édition du que le procès-verbal du général Rondot, membre de la DGSE, indiquait aussi que Jacques Chirac aurait détenu un compte de 300 millions de francs (45 millions d’euros) au Japon, à la Tokyo Sowa Bank appartenant à Soichi Osada, un ami de Jacques Chirac (fait chevalier de la Légion d’honneur en 1994), arrêté en 2000 au Japon pour faillite frauduleuse. Le général ajoutait que ce compte avait été ouvert en 1992 mais il s’est rétracté par voie de presse. Jacques Chirac a nié aussitôt détenir tout compte au Japon, affirmant que le Canard faisant référence à une enquête ouverte par la DGSE en 2000 (juste avant la présidentielle) au sujet de comptes supposés qu’il aurait détenus au Japon, enquête qui elle-même aurait été ouverte sur la base d’un article dans la presse japonaise. Le , est publié dans un livre la note interne de la DGSE du parlant de ce compte bancaire japonais, Gilbert Flam ayant enquêté autour de cette affaire a déclaré que cette histoire de compte bancaire secret était une manipulation de la presse japonaise. Dans son édition du , le Canard Enchaîné affirme que les juges chargés de l’affaire Clearstream ont des preuves concrètes (telle que des relevés de comptes) de l’existence de ce compte bancaire japonais de Jacques Chirac12. Les déclarations de patrimoine de Jacques Chirac publiées en 1995 et en 2007 ne mentionnent pas la détention de compte bancaire à l’étranger. S’il a menti dans ces déclarations, Jacques Chirac pourrait être poursuivi fausse déclaration en 1995, puisque la Cour de cassation a considéré que la prescription de trois ans est suspendue pendant l’exercice de son mandat présidentiel. À noter que cette banque japonaise ayant fait faillite en 1999, Jacques Chirac a pu y perdre beaucoup, s’il avait réellement un compte dans cette banque13,14,15.
Dominique de Villepin lui remet la démission de son gouvernement le à la veille de la passation de pouvoir entre le président sortant et Nicolas Sarkozy.
Question 3/ Quels sont les points communs et les rapports entre les journalistes et le personnel politique?
Partie 2 Les journalistes précaires
Structure des contrats de travail dans le journalisme
1960
2011
CDI
85,00%
74,20%
CDD
2,00%
4,00%
Pigiste
8,00%
16,50%
Non réponse
5,00%
5,20%
Total
100,00%
100,00%
Question 1/ Quelle est l’évolution des Pigistes en 51 ans ?
Question 2/ Donnez approximativement une donnée représentant la précarité chez les jeunes journalistes aujourd’hui.
Document 3 Site Acrimed
Précarité des journalistes : l’information minée
Les patrons de presse recourent de plus en plus à des personnels précaires : multiplication des collaborations à la pige et des « pigistes permanents », développement des CDD renouvelables, temps partiel imposé (en particulier aux femmes), qualifications fantaisistes, embauches sur contrats dits de formation, remplacements ou « stages » non payés… De nombreux postes de travail sont ainsi affectés en permanence à une main-d’Ïuvre flexible, corvéable et sous-payée.
La précarisation galopante d’une profession
Ces chiffres minimisent la précarisation : un nombre croissant de journalistes, n’ayant pas le revenu suffisant, n’ont pas la carte de presse et ne sont donc pas comptabilisés dans les statistiques de la profession.
Le parcours professionnel aussi connaît un changement structurel. S’ils pèsent pour un sixième dans les détenteurs de la carte de presse, les pigistes représentent, en 1994, un tiers des premières demandes acceptées. « Le passage par la pige, puis par le stage, prend une importance croissante au fur et à mesure de l’arrivée de classes d’âge plus jeunes . »
Des conditions qui se dégradent
71 % des pigistes interrogés par le SNJ estiment que leur situation professionnelle se dégrade. Les symptômes avancés sont la baisse du volume des piges, la diminution de leur nombre, la baisse des tarifs ou l’absence d’augmentation, la suppression de titres, la diminution des remboursements de frais, l’augmentation des délais de paiement, la multiplication des supports qui ne paient pas en salaire… Quand on les interroge sur les principales difficultés qu’ils rencontrent, les pigistes évoquent l’argent (délais de paiement trop longs, tarifs trop faibles, commandes non payées…), l’organisation du travail (impossibilité de planifier, contact difficile avec les employeurs, isolement…), le respect de la législation, la reconnaissance professionnelle.
Des articles de plus en plus courts
Si les délais de paiement s’allongent (le plus souvent la fin du mois de parution ou la fin du mois suivant 2), les délais d’exécution se raccourcissent, la contagion du zapping aboutit à des commandes d’articles moins longs (donc moins payés) sur des sujets nécessitant des enquêtes aussi lourdes qu’avant. « Il faut travailler plus pour gagner autant [2]. » Ainsi, le pigiste rédacteur est payé au feuillet (1500 signes). Le minimum syndical est fixé à un peu plus de 300 francs brut. En réalité, beaucoup de pigistes perçoivent difficilement le Smic ; nombre de supports ne respectent pas les tarifs syndicaux, certains paient même le feuillet moins de 100 francs.
En quoi la structure des emplois chez les journalistes affectent leurs travail ?