La protection sociale à l’heure du Coronavirus et les conséquences économiques et sociales

Introduction

Le Coronavirus est une épidémie qui fait suite à de nombreuses autres précédentes : la peste au XIVe siècle (20à 50 millions de morts soit entre 30 et 50 % de la population européenne), la variaole du XVe → XVIIe qui a décimé 90 % de la population amériendienne ! Le choléra au XIXe rien qu’en Russie, elle a fait 1million de mort. La grille espagnole en 1919 (30 millions de morts soit près de deux fois plus que la 1e guerre mondiale), le sida débuté en 1981, il a tué 25 millions de personnes depuis.

Le coronavirus a fait le 22 avril 2020, 174 000 morts dans le monde. C’est toujours beaucoup trop, mais comparativement aux autres virus, nos connaissances hygiènistes et médicales ont permis de faire baisser le nombre de morts. Sans cela, combien de mort aurait-on eu ?

Nous allons étudier trois aspects grâce aux travaux économiques et sociologiques.

Problématique : L’hôpital Français une entreprise ou un service public ?

Qu’est-ce qu’une crise économique ? Quelle est son ampleur ?

La crise du Coronavirus, révélatrice des inégalités sociales

 

I L’hôpital géré comme une entreprise ?

A Le modèle de l’hôpital entreprise

Commençons par rappeler ce qu’est une entreprise.

Définition Les entreprises sont des agents économiques qui combinent des facteurs de production (capital , travail) dans l’objectif de faire du profit.

Quels sont les facteurs de productions à l’hôpital ?

Capital : machines (tel que les appareils respiratoires), les lits, les locaux…

Travail : les personnels soignants (de la personne au ménage au médecin)

L’objectif des entreprises est le profit (bénéfice retiré de l’activité économique, il est calculé de cette façon : chiffre d’affaire – coûts de production).
Le profit serait l’objectif de l’hôpital ?

Document 1 Documentaire Sicko. M. Moore.

Visionnage des premières minutes (-> 3min15)

Dans le documentaire, nous observons que l’hôpital donne un prix aux Etats Unisiens pour chaque opération médicale. L’hôpital considère les patients comme des clients. Ces derniers doivent payer pour que l’opération se fasse. Dans ce système, l’hôpital a des recettes (chiffre d’affaire) et des coûts de production. L’hopital doit être rentable, c’est à dire dégagé un profit en mettant des prix supérieurs aux coûts de production.

On peut considéré que l’hôpital aux Etats Unis fonctionne comme une entreprise. Est-ce la cas en France?

Payez vous quand vous allez à l’hôpital ? Non

Pour vous détendre sur ce sujet anxiogène, voici la vidéo d’une humoriste. Pourquoi est-ce une parodie ? Qu’est-ce qu’elle dénonce subtilement? Vous n’êtes pas obligé d’aller au bout de la vidéo pour répondre.

Document 2 

L’humoriste présente l’hôpital comme une entreprise, c’est une parodie dans le mesure où nous ne présentons pas notre carte bleue pour entrer à l’hôpital. Nous payons rarement à l’hôpital car il existe la sécurité sociale et des mutuelles en France qui couvre les frais de soins à notre place. 

Toutefois, la Bajon dénonce les conditions de travail et certaines dérives où les modes de gestion de l’entreprise rentrent dans le secteur de la santé. Par exemple, l ‘humoriste dit que les EPADH sont côtées en bourse ? Est-ce vrai?

Oui, c’est le cas, les maisons de retraite fonctionnent sur le mode de l’entreprise, c’est pour cela qu’elles sont très chères. Pour aller plus loin, vous pouvez lire cet article :

Document 3 Le Monde diplomatique – Mars 2019 – 

Vieillesse en détresse dans les Ehpad, Un produit rentable et attractif

Le très fort développement du secteur privé lucratif des établissements d’hébergement pour personne âgées dépendantes (Ehpad) en France s’est accompagné d’une longue série de concentrations au sein des quelques dizaines de sociétés et de gestionnaires qui tiennent ce marché. Trois grands groupes se sont ainsi constitués, Korian, Orpea et DomusVi, suivis de Colisée et de Domidep. À eux seuls, ils possèdent neuf cents établissements, soit plus de la moitié du parc. Korian est devenu le plus puissant en rachetant Medica. En 2016, il a réalisé plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 15,5 % de marge, un bénéfice de 38 millions d’euros, et il a doublé en cinq ans les dividendes versés à ses actionnaires. Selon un cabinet de conseil en immobilier, le secteur des Ehpad ne s’est jamais aussi bien porté et connaît une explosion des investissements. Une maison de retraite serait plus rentable qu’un centre commercial (1). Le classement 2018 des cinq cents plus grandes fortunes de France publié par l’hebdomadaire Challenges comprend six propriétaires de groupes d’Ehpad.

Le secteur attire les fonds d’investissement (Intermediate Capital Group pour DomusVi), les banques (Crédit agricole pour Korian et Domidep), les fonds de retraite (Canada Pension Plan Investment Board pour Orpea) et même les fonds souverains des Émirats arabes unis. Six groupes sont désormais cotés en Bourse. Les Ehpad commerciaux sont aussi devenus très attractifs pour les courtiers, qui revendent des chambres à des investisseurs particuliers attirés par une rentabilité des locations de 4 à 6 % et par des revenus défiscalisés.

Aujourd’hui, l’État ne délivrant désormais que très peu d’autorisations de création d’Ehpad, les groupes commerciaux français se sont tournés vers l’étranger. Korian a acquis des groupes en Belgique et en Allemagne. DomusVi domine en Espagne. Orpea a acquis des groupes en Pologne, en République tchèque, en Allemagne, et est présent en Amérique du Sud. Et tous lorgnent un marché mirifique qui est en train de s’ouvrir : la Chine.

Philippe Baqué

Journaliste.

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59613

 

Mais est-ce le cas en France ?

L’hôpital Français n’est pas une entreprise, tel qu’aux Etats Unis. Pourquoi ? On ne paye pas qd on rentre aux urgences, lors d’opérations lourdes… Nous ne sommes pas des clients mais des patients. Le service public hospitalier est financé par les impôts comme les services publics. Le profit n’est pas l’objectif mais la bonne santé. En 2019, des personnalités lancent un appel.  A travers cet appel on s’aperçoit de ce qu’ont fait les gouvernements depuis des décennies. Les célébrités dénoncent la dérive entrepreunariale de l’hôpital, qu’est-ce ?

Document 2 L’appel des 108 célébrités à Emmanuel Macron pour sauver l’hôpital

Des stars, qui ont été confrontées à l’hôpital, soutiennent des patients anonymes, excédés par les carences du système, et adressent une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander un plan d’urgence. Un appel inédit que nous dévoilons.

Charlotte Gainsbourg, Véronique Sanson, Florence Foresti, Clara Luciani, Pierre Arditi, Lomepal, Valérie Bonneton et Vincent Lindon font partie des signataires

La lettre adressée à Emmanuel Macron

« Monsieur le Président,

Le Grand débat que vous avez organisé a réclamé « plus de service public ». Il a mis au premier rang la Santé et l’Hôpital public. Pourtant la situation sur le terrain est devenue réellement intenable : les difficultés d’accès aux soins s’accroissent, la qualité et la sécurité des soins se dégradent et nous observons l’épuisement et l’inquiétude des personnels hospitaliers. Ces difficultés, les usagers de l’hôpital public les constatent tous les jours et en parlent dans les courriers qu’ils adressent aux directions hospitalières. Des drames se produisent, touchant toutes les catégories professionnelles de l’hôpital mais également les patients. Ces pertes de chance liées au manque de moyens sont inacceptables. On ne peut plus, vous ne pouvez plus attendre de nouveaux drames pour mettre en œuvre un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public. Nous, usagers de la santé et citoyens, soutenons la demande des personnels hospitaliers d’un financement supplémentaire, nécessaire pour : – Assurer l’ouverture de lits afin que les malades puissent être hospitalisés quand c’est nécessaire et qu’ils ne passent plus des heures voire des jours à attendre couchés sur des brancards ;

Embaucher le personnel nécessaire dans tous les services pour assurer l’accueil, la sécurité, la qualité et la continuité des soins ;

Revaloriser les salaires des personnels hospitaliers sachant que nous sommes en 26e position sur les 35 pays de l’OCDE pour le salaire des infirmières.

L’hôpital public a besoin de réformes mais aussi et surtout de moyens pour assurer ses missions dans des conditions acceptables pour les patients et pour les soignants.

Croyez, Monsieur le Président de la République, à notre meilleure considération. »

Qu’est-ce qui est dénoncé ici ? le fait qu’on s’écarte de l’objectif de la bonne santé pour tous pour y substituer une logique d’économies budgétaires « sur le dos » de la santé.

Cours : Les gouvernements pour faire des économies , ont baisle nombre de lits disponibles. Comme dans les entreprises automobiles, une logique de flux tendus ou de juste à temps s’impose. On ne produit que ce qui est nécessaire. Aujourd’hui quand vous achetez une voiture , vous commandez et elle est fabriquée a posteriori. Vous disposez de votre voiture un mois après. Ainsi, les producteurs automobiles n’ont pas de coût de stockage. A l’hôpital, les gouvernements ont choisi de réduire les coûts de production en n’adoptant cette stratégie de flux tendus. Donc, les soignants ne disposent pas de lit libre. On doit alors « jongler » sans cesse entre les patients. c’est le rôle du nouveau métier le « bed manager ». Il doit rationaliser les lits pour qu’il n’y en ai pas de disponible. C’est pour cela que les personnalités de l’appel demandent une ouverture de lits.

Dans le cas, d’un événement inattendu, tel que l’épidémie actuelle, les hôpitaux sont tout de suite saturés puisqu’il n’y a pas de lits disponibles en plus, ni de personnels soignants.

Sur le facteur travail, les gouvernements précédents ont baissé les recrutements de soignants : Instauration de quotas drastiques (fortement restreint) en 1e année de médecine. Ce quota est si bas que des médecins et soignants étrangers (Europe de l’Est) viennent en France combler la pénurie depuis des années ! (Ce qui contribue à « piller » les soignants de ces pays et à détériorer la situation sanitaire de ces pays)

Le blocage des salaires des soignants a aussi pour objectif de minimiser les coûts.

Depuis 2008, l’État finance l’hôpital selon les actes effectués. Chaque acte est classé par rapport a son coût et à « son profit ». L’hôpital sera alors incité à faire des opérations rentables, alors que la priorité est de s’appuyer sur les besoins de santé des patients !

Mini conclusion→L’hôpital est de plus en plus gérée comme une entreprise : financement par la tarification à l’acte, stagnation des salaires, logique de flux tendus. Toutefois, le financement de l’hôpital reste public et la crise du Coronavirus va peut être changer la gestion des hôpitaux pour revenir aux besoins sanitaires de la population.

Coronavirus, une crise économique et sociale mondiale

Introduction

Le Coronavirus est une épidémie qui fait suite à de nombreuses autres précédentes : la peste au XIVe siècle (20à 50 millions de morts soit entre 30 et 50 % de la population européenne), la variole du XVe → XVIIe qui a décimé 90 % de la population amériendienne ! Le choléra au XIXe (rien qu’en Russie, elle a fait 1million de mort). La grille espagnole en 1919 (30 millions de morts soit près de deux fois plus que la 1e guerre mondiale), le sida débuté en 1981, il a tué 25 millions de personnes depuis.

Le coronavirus a fait le 22 avril 2020, 174 000 morts dans le monde. C’est toujours beaucoup trop, mais comparativement aux autres virus, nos connaissances hygiènistes et médicales ont permis de faire baisser le nombre de morts. Sans cela, combien de mort aurait-on eu ?

Problématiques :

L’hôpital Français une entreprise ou un service public ? (I)

Qu’est-ce qu’une crise économique ? Quelle est son ampleur ? (II)

La crise du Coronavirus, révélatrice des inégalités sociales (III)

I L’hôpital géré comme une entreprise ?

Commençons par rappeler ce qu’est une entreprise.

Définition Les entreprises sont des agents économiques qui combinent des facteurs de production (capital , travail) dans l’objectif de faire du profit.

Quels sont les facteurs de productions à l’hôpital ?

Le profit serait-il l’objectif de l’hôpital ? Faut-il payer se faire soigner ?

Document 1 Documentaire Sicko. M. Moore

Visionnage des premières minutes (jusq’à 3min15) ou plus si le documentaire vous intéresse

 

Payez vous quand vous allez à l’hôpital ?

Pour vous détendre sur ce sujet anxiogène, voici la vidéo d’une humoriste. Pourquoi est-ce une parodie ? Qu’est-ce qu’elle dénonce subtilement? Vous n’êtes pas obligé d’aller jusqu’au bout de la vidéo pour répondre.

 

L’humoriste présente l’hôpital comme une entreprise, c’est une parodie dans le mesure où nous ne présentons pas notre carte bleue pour entrer à l’hôpital. Nous payons rarement à l’hôpital car il existe la sécurité sociale et des mutuelles en France qui couvrent les frais de soins à notre place.

Toutefois, la Bajon dénonce les conditions de travail et certaines dérives où les modes de gestion de l’entreprise rentrent dans le secteur de la santé.

Par exemple, l ‘humoriste dit que les EHPAD sont côtées en bourse ? Est-ce vrai?

Oui, c’est le cas, les maisons de retraite fonctionnent sur le mode de l’entreprise, c’est pour cela qu’elles sont très chères. Pour aller plus loin, vous pouvez lire cet article : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59613

 

En 2019, des personnalités lancent un appel.  A travers cet appel on s’aperçoit de ce qu’ont fait les gouvernements depuis des décennies. Les célébrités dénoncent la dérive entrepreunariale de l’hôpital, qu’est-ce ?

 

Document 2 L’appel des 108 célébrités à Emmanuel Macron pour sauver l’hôpital

Des stars, qui ont été confrontées à l’hôpital, soutiennent des patients anonymes, excédés par les carences du système, et adressent une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander un plan d’urgence. Un appel inédit que nous dévoilons.

Charlotte Gainsbourg, Véronique Sanson, Florence Foresti, Clara Luciani, Pierre Arditi, Lomepal, Valérie Bonneton et Vincent Lindon font partie des signataires

La lettre adressée à Emmanuel Macron

« Monsieur le Président,

Le Grand débat que vous avez organisé a réclamé « plus de service public ». Il a mis au premier rang la Santé et l’Hôpital public. Pourtant la situation sur le terrain est devenue réellement intenable : les difficultés d’accès aux soins s’accroissent, la qualité et la sécurité des soins se dégradent et nous observons l’épuisement et l’inquiétude des personnels hospitaliers. Ces difficultés, les usagers de l’hôpital public les constatent tous les jours et en parlent dans les courriers qu’ils adressent aux directions hospitalières. Des drames se produisent, touchant toutes les catégories professionnelles de l’hôpital mais également les patients. Ces pertes de chance liées au manque de moyens sont inacceptables. On ne peut plus, vous ne pouvez plus attendre de nouveaux drames pour mettre en œuvre un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public. Nous, usagers de la santé et citoyens, soutenons la demande des personnels hospitaliers d’un financement supplémentaire, nécessaire pour : – Assurer l’ouverture de lits afin que les malades puissent être hospitalisés quand c’est nécessaire et qu’ils ne passent plus des heures voire des jours à attendre couchés sur des brancards ;

Embaucher le personnel nécessaire dans tous les services pour assurer l’accueil, la sécurité, la qualité et la continuité des soins ;

Revaloriser les salaires des personnels hospitaliers sachant que nous sommes en 26e position sur les 35 pays de l’OCDE pour le salaire des infirmières.

L’hôpital public a besoin de réformes mais aussi et surtout de moyens pour assurer ses missions dans des conditions acceptables pour les patients et pour les soignants.

Croyez, Monsieur le Président de la République, à notre meilleure considération. »

Qu’est-ce qui est dénoncé ici ? le fait qu’on s’écarte de l’objectif de la bonne santé pour tous pour y substituer une logique d’économies budgétaires « sur le dos » de la santé.

II Effets du ralentissement économique dû au confinement

2.1 L’arbitrage entre PIB et décès

Que veut dire Trump et son conseiller ?

Document 5 «Nous ne pouvons pas laisser le remède être pire que le problème», écrivait Trump dans un tweet du 23 mars dernierLarry Kudlow, son conseiller économique en chef, enfonçait le clou sur Fox News. Pour lui, le préjudice économique causé par la distanciation sociale est «tout simplement trop grand . Nous ne pouvons pas arrêter l’économie, et nous aurons à faire des arbitrages difficiles entre la protection des Américains contre le virus et le retour du marché boursier à son niveau antérieur».

 

2.2 Etude de l’ampleur de la crise économique

Qu’est-ce qu’une crise économique ?

L’axe des ordonnées représente l’activité économique. Cette activité est mesurée par le PIB produit intérieur brut.

Définition de croissance : La hausse durable et cumulative du PiB

Définition de PIB : Produit intérieur brut

 

Evolution du taux de croissance du PIB depuis la crise du coronavirus
Pays20192020
France1,3 %-8,2 %
Chine6,1 %1 %
Italie0,3 %-9,30 %
Etats Unis2,3 %-6,5 %
Monde2,9 %-3,5 %

Lecture : En 2019, la France a augmenté sa production nationale de 1,3 % par rapport à l’année précédente.

Exercice :

Question 1 Lire le chiffre souligné

Question 2 Comparer la France avec les autres pays

2.3 Quels sont les risques économiques de cette crise sanitaire ?

→ Nombreuses faillites des entreprises car absence de clients pendant 2 ans où alternances de confinement

→ Les salariés vont-ils être payés ?